L’histoire de Awesome, le premier album de Heathers, possède cette aura presque mythique des success-stories dont l’industrie musicale a le secret. Projet solo de Heath Michael Thomas, jeune musicien originaire de Carbondale dans l’Illinois, Heathers s’est d’abord fait connaître en ligne à travers une série de reprises audacieuses et texturées de Big Star, Ween, Frost Children, Gram Parsons ou encore Kings of Leon. De ces quelques vidéos est née une trajectoire fascinante : une série de démos partagées, un bouche-à-oreille immédiat dans les sphères professionnelles, et finalement, une signature sur un label majeur.
Au-delà du parcours singulier, c’est avant tout la musique qui justifie l’excitation. Awesome frappe par son amour radical pour le « scuzz » et les sonorités brutes. Bien qu’enregistré en solitaire, l’album dégage une énergie collective, une épaisseur chaleureuse et dégingandée propre au garage rock le plus inspiré. On y retrouve l’esprit des vieilles cassettes usées, évoquant aussi bien le dynamisme de Cheap Trick que l’intensité mélodique de Rick Springfield.
L’approche de Thomas est audacieuse : il marie les riffs groove et les ambiances garage avec une approche du songwriting presque expérimentale. Il y a ici une volonté de rendre hommage à l’héritage du rock — convoquant le culte de T. Rex avec une liberté proche de l’école Royal Trux de l’ère Accelerator — tout en injectant une modernité désinvolte et spontanée.
Dans un paysage musical souvent trop soucieux de sa propre image, Awesome fait du bien par sa sincérité décomplexée. Heath Michael Thomas propose une musique loose, malicieuse, et furieusement accrocheuse. C’est la preuve qu’il reste de la place, même dans les structures les plus imposantes, pour des artistes qui savent capturer l’air du temps avec autant de garage et de culot. Un disque qui ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, si ce n’est que le rock, sous sa forme la plus brute, a encore de très beaux jours devant lui.
Last modified: 30 octobre, 2026












