Written by 11h52 Chroniques

Almost Forever : Quand Lil Uzi Vert s’affranchit des codes sur son nouvel EP

Il arrive parfois que le poids du succès devienne un carcan. Après des années à naviguer entre les fuites de morceaux et les attentes démesurées suivant son chef-d’œuvre Eternal Atake, Lil Uzi Vert semblait avoir perdu le nord. Entre des projets qui ressemblaient davantage à des obligations contractuelles qu’à une réelle urgence artistique et des directions musicales pour le moins erratiques, l’aura de l’enfant prodige de Philadelphie s’était estompée.

Pourtant, c’est dans un élan de surprise salvatrice que nous arrive Maverick (Almost Forever). Ce nouvel EP, sorti sous le label Cor(e), agit comme un véritable électrochoc. Dès les premières notes, on oublie les tâtonnements récents pour reconnecter avec ce qui a fait du rappeur une icône : une énergie brute, une technique implacable et ce refus constant du surplace.

Ce projet marque une redirection salutaire. Ici, pas besoin de reprises forcées ou de collaborations hors-sujet ; Uzi revient à l’essence même de son proto-rage de 2015-2016, tout en insufflant une fraîcheur nécessaire.

Dès le bien nommé « Maverick Intro », le ton est donné. Uzi délivre un flow mitraillette digne de ses débuts, soutenu par des productions massives signées Trilla et ZeeGoinXrazy. Ce dernier impose d’ailleurs une empreinte sonore radicale, prouvant que l’audace dans le choix des beats reste le moteur principal de cette résurrection créative.

Sur des titres comme « Gas. Brake. », on retrouve cet Uzi en état de grâce, capable de dompter des instrus nerveuses avec une aisance déconcertante. Son débit élastique fait mouche, transformant chaque ligne en une démonstration de style où le fond rejoint enfin la forme.

Ce qui impressionne le plus ici, c’est la capacité de l’artiste à évoquer ses plus grandes heures sans jamais tomber dans la nostalgie facile ou la redite. « Yoko » capture parfaitement cet esprit, maniant l’autodérision et la punchline cinglante avec une simplicité déroutante. De la même manière, « Poured » réinvente les ambiances vaporeuses qui ont forgé sa légende, avec une structure de morceau qui évolue, se transforme et finit par se dissoudre avec une efficacité redoutable.

S’il fallait une preuve que Lil Uzi Vert est loin d’avoir dit son dernier mot, Maverick (Almost Forever) est celle-ci. Huit titres qui nettoient le passé récent et remettent les pendules à l’heure. Uzi ne cherche plus à plaire à tout le monde : il rappe, il s’amuse, et, pour notre plus grand plaisir, il prouve à nouveau que, lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, il reste l’un des artistes les plus stimulants de sa génération.

Un retour en grâce qui tombe à point nommé, et qui, pour une fois, ne nous laisse pas sur notre faim.

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