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Alabama Shakes : l’envoûtante alchimie soul d’I Must Be Dreaming

Après une éclipse de plus de dix ans, le retour des Alabama Shakes avec I Must Be Dreaming ne répond pas seulement à une attente, il soulève une interrogation devenue légitime : après le succès phénoménal de la carrière solo de Brittany Howard, quel est le moteur de ces retrouvailles ? La réponse, aussi simple que rafraîchissante, réside dans le plaisir brut de jouer ensemble. Loin des impératifs commerciaux, le groupe renoue avec cette alchimie organique qui a fait sa renommée au cours de la décennie précédente.

I Must Be Dreaming est une célébration fidèle de l’identité du groupe : des hooks soul aux effluves rétro passés au filtre lo-fi, des lignes de basse blues rugueuses et cette dose de psychédélisme parfaitement maîtrisée. Au centre de tout, la voix de Brittany Howard demeure une force tellurique capable de transformer n’importe quelle ligne mélodique en une expérience transcendante. Bien que l’album puisse parfois s’abriter derrière des compositions plus convenues, il réussit surtout à capturer l’essence de musiciens qui ont retrouvé leur fréquence commune.

Ce qui frappe particulièrement ici, c’est le sentiment d’égalité au sein du trio restant — Howard, le bassiste Zac Cockrell et le guitariste Heath Fogg. Si le groupe est capable de livrer des titres incandescents comme « Another Life », l’intérêt réside souvent dans les moments plus intimistes. Des morceaux comme « Garden » ou « Friends », ce dernier flirtant avec un garage-rock espiègle aux résonances familières, illustrent le plaisir retrouvé de grooveurs complices plutôt que de stars sous pression.

L’album explore également une facette plus solaire du songwriting de Howard. Le traitement positif et sensible de la romance queer apporte une émotion bienvenue, même si certains titres plus contemplatifs manquent parfois de relief. Si « Easy » s’étire dans une langueur peut-être trop prononcée et que le segment instrumental de « Time » peine à décoller, « How Love’s Supposed to Go » vient redresser la barre avec une maestria Funk indéniable, naviguant entre verses saccadés et lignes de basse bondissantes.

En somme, I Must Be Dreaming est le disque d’un groupe qui refuse de courir après les sommets, privilégiant la sincérité. C’est un retour aux sources qui ne cherche ni à réinventer la roue, ni à occulter le passé, mais simplement à célébrer une amitié musicale qui, après tout ce temps, n’a rien perdu de son éclat. Pour les fans de la première heure comme pour les nouveaux auditeurs, c’est une invitation bienvenue à se laisser porter, à nouveau, par le groove contagieux des Alabama Shakes.

Last modified: 5 septembre, 2026
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