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Tom Morello : entre urgence électrique et engagement viscéral, un uppercut rock indispensable.

Tom Morello occupe une place singulière dans l’histoire du rock. Son jeu de guitare, devenu légendaire à travers les quatre albums pivots de Rage Against the Machine, a redéfini les contours de l’instrument. Des effets wah-wah élastiques de « Bulls on Parade » à la précision chirurgicale des solos de « Sleep Now in the Fire », il a marqué plusieurs générations, transformant chaque riff en un manifeste sonore.

Tom Morello - Everything Burns (ft. Beartooth) (Official Music Video) (vidéo YouTube)

Pourtant, la carrière solo de l’architecte du son RATM interroge. Depuis ses explorations électroniques parfois déroutantes avec la série The Atlas Underground, on attendait de voir si l’artiste allait renouer avec l’énergie viscérale qui fit sa gloire. Son nouvel opus, Everyone Gets Everything They Want, est présenté comme son premier véritable album « rock » en nom propre. Une promesse qui soulève nécessairement des attentes élevées pour tout amateur du son Morello, mais dont la réalisation s’avère complexe.

Le disque se présente comme une fresque hétéroclite, naviguant entre un rock aux accents bluesy, des ballades folk austères et des collaborations marquées par les identités sonores de ses invités. On y retrouve, par exemple, la patte de Serj Tankian de System of a Down ou l’énergie punk-rap du groupe Kneecap. Si l’intention de vouloir brasser des styles est évidente, la cohérence globale de l’ensemble peine parfois à s’affirmer face à une telle variété de textures.

Sur le plan de l’interprétation, Morello s’essaie au chant sur plusieurs titres, notamment sur le morceau éponyme qui évoque une forme de blues-rock moderne. On note également la présence de « Soldier in the Army of Love », un morceau hard-rock aux inflexions soul, ainsi que le single « Everything Burns », porté par Caleb Shomo de Beartooth, qui renoue avec une approche nu-metal aux textures synthétiques. L’album intègre aussi des compositions écrites en collaboration avec son fils, Roman, apportant une dimension plus personnelle, voire intime, au projet.

Le militantisme de Tom Morello, pilier constant de sa personnalité publique, reste en filigrane, témoignant de sa fidélité à ses convictions politiques de toujours. Néanmoins, pour l’auditeur en quête de la puissance brute et de l’alchimie unique qui caractérisaient ses travaux les plus emblématiques, Everyone Gets Everything They Want s’avère être une œuvre de transition. L’album illustre le désir de l’homme à la guitare de ne jamais rester figé, quitte à explorer des chemins de traverse qui, s’ils ne font pas toujours l’unanimité, confirment le besoin irrépressible de l’artiste de continuer à créer, loin des sentiers battus de ses accomplissements passés.

Last modified: 25 septembre, 2026
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