Il est des disques qui ne se contentent pas de s’écouter, ils s’éprouvent. Avec Cycles In The Infinite Dream, le trio Rezn confirme son statut d’architecte visionnaire du doom psychédélique. Ce nouvel opus est une odyssée sonore où la lourdeur tellurique des guitares rencontre une finesse mélodique insoupçonnée, créant un espace-temps où l’auditeur se laisse volontiers happer.
Dès les premières notes, l’immersion est totale. Le groupe déploie ici une maîtrise impressionnante des textures. L’utilisation du saxophone, loin d’être un artifice, vient nourrir une atmosphère onirique, presque hypnotique, qui transcende les codes du genre. Rezn réussit le tour de force de maintenir une tension constante tout en offrant des échappées belles, aériennes, comme si le mur du son se fissurait pour laisser passer une lumière diffuse.
La dynamique de l’album est savamment orchestrée. La section rythmique, monumentale, sert de socle à des guitares qui oscillent entre fuzz dévastateur et arpèges cristallins. Des compositions comme « Indigo » ou le morceau-titre illustrent parfaitement cette dualité : une course vers un horizon infini, où chaque mélodie semble guidée par une introspection profonde. C’est dans cette capacité à passer de la contemplation mélancolique à la tempête instrumentale que réside toute la puissance du disque.
La production, organique et profonde, confère à l’ensemble une dimension live saisissante. Chaque instrument occupe sa place avec une clarté exemplaire, permettant de saisir toutes les nuances de cette transe sonore. On sent, à chaque instant, une volonté de repousser les frontières de leur univers musical sans jamais sacrifier l’âme ni l’émotion.
Cycles In The Infinite Dream n’est pas seulement un album de rock puissant ; c’est une expérience immersive, une méditation brute sur le mouvement et le temps. Rezn livre ici un travail mature, dense et profondément touchant. Une pièce maîtresse qui s’impose comme une étape marquante dans la discographie du groupe et, plus largement, dans le paysage actuel des musiques heavy. À écouter d’une traite, idéalement dans l’obscurité, pour laisser chaque boucle sonore imprégner votre esprit.
Last modified: 18 août, 2026




