LEAVES EYES Vinland Saga (2005)

Pour ce second album, on a mis les petits plats dans les grands chez Leaves’ Eyes ! Liv Kristine a incontestablement fait table rase de son passé avec Theatre Of Tragedy en proposant avec son groupe, constitué dois-je le rappeler des musiciens d’Atrocity, une musique plus orchestrale bien moins axée sur le metal. En s’adjoignant les services d’un orchestre classique, Leaves’ Eyes passe la surmultipliée en terme d’ambiances. Cela dit, les guitares sont encore bien présentes mais elles sont un cran en retrait pour ne pas reléguer les arrangements classiques au second plan. Album plus serein donc pour celle qui attache une importance particulière à ses racines norvégiennes. Les thèmes tournent toujours autour des légendes de son pays, de l’amour et de la passion. Notre Liv est une grande sentimentale. En 12 titres elle nous convie à un voyage musical qui débute par un “Vinland Saga” aérien et orchestral à la mélodie évanescente sur lequel se pose la voix de Liv en sustentation. Les relents metal gothique refont rapidement surface avec “Farewell Proud Men”, “Solemn Sea” et “The Thorn”. Alexander Krull (son mari) assure le duo sur ces deux derniers. Ambiance mystique pour “Amhran” qui, sur fond de harpe, est chanté dans une langue imaginaire. “Leaves’ Eyes” est une superbe ballade au même titre que “Mourning Tree” aux saveurs celtiques et “Ankomst” qui conclut l’album. “Elegy”, le single, navigue entre deux eaux, il est à la fois délicat par la voix de Liv et agressif par le truchement du jeu de guitare. L’équilibre entre les deux est parfait. En fait, il reflète totalement la tonalité générale de “Vinland Saga”. Le metal de Leaves’ Eyes se veut plus atmosphérique, plus en adéquation avec la personnalité de Liv. Une Liv que l’on sent beaucoup plus épanouie, libérée du poids du passé. Dans la continuité de “Lovelorn” (2004), “Vinland Saga” laisse enfin entrevoir tout ce que Liv nous a toujours caché, à savoir sa grandeur d’âme. (8/10)
David

SORTIE : 30-05-05


Interview de Liv KRISTINE :

(Interview réalisée en mai 2005)

Revenons tout d’abord sur la tournée commune avec Atrocity qui a suivi la sortie de “Lovelorn”, quels souvenirs en gardes-tu ?

Cette tournée a été fantastique ! Nous avons joué dans une vingtaine de pays l’année dernière et les réactions de la presse et du public ont été extraordinaires ! Le seul mauvais souvenir a été cet incident regrettable à Paris après notre dernier concert, nous avons été agressé par la police et ils ont été très violents envers nous, mais cela n’empêchera pas Leaves’ Eyes et Atrocity de revenir jouer en France dans le futur.

As-tu été surprise par l’accueil relativement positif qu’a reçu “Lovelorn” à sa sortie ?

Oui, j’ai été très surprise ! C’est toujours un moment excitant lorsque l’on sort un premier album.

Alors même s’il est encore très metal, ce nouvel album apporte beaucoup de nouveautés, il est plus tempéré, plus ouvert sur d’autres horizons avec de nouvelles sonorités, comment vous est venue l’idée d’intégrer des instruments classiques au son du groupe ?

Depuis “Velvet Darkness They Fear” [NDT : album de Theatre Of Tragedy sorti en 1996], j’ai toujours souhaité travailler avec des instruments classiques. Les influences classiques donnent à notre musique un feeling très particulier, ça souligne les lignes mélodiques et émotionnelles de nos arrangements.

Finalement derrière cette démarche, n’y a-t-il pas aussi l’intention de faire table rase de ton lourd passé ?

Ce fut une malchance pour moi que d’être éjectée de Theatre Of Tragedy mais parfois la malchance conduit à la chance, et Leaves’ Eyes est une chance pour moi ! Je suis pleinement satisfaite de ma situation actuelle et de ce que j’ai pu apprendre au cours de ces 10 dernières années. L’expérience est très importante dans ce business, ce n’est plus une frayeur pour toi. Il faut juste faire très attention aux personnes avec qui tu travailles.

En écoutant “Vinland Saga” je serais presque tenté de dire qu’il s’agit de l’album de la sérénité pour toi, est-ce que je me trompe ?

Je suis 100% en accord avec cet album ! De plus, il est comme une partie de mon pays, la Norvège, ce qui signifie beaucoup pour moi, c’est très personnel.

Comment avez-vous abordé sa composition ?

L’ensemble du groupe a été impliqué dans le processus d’écriture, ce qui fait que l’album est plus complexe que “Lovelorn”. J’ai commencé l’écriture du concept et des textes après que la plupart des chansons aient été enregistrées en démo. Nous avons eu besoin de beaucoup de temps pour enregistrer les instruments classiques nous-mêmes mais ça en valait la peine ! J’ai également utilisé ma voix de différentes manières (chant classique mais aussi folk Nordic/Celtic), j’ai testé différentes méthodes de chant.

Peux-tu nous parler du concept que renferme “Vinland Saga” ?

Le concept repose sur une page de notre histoire, celle du Viking qui a découvert l’Amérique. Cela parle du groupe de bateaux qui a quitté la côte ouest de la Norvège il y a à peu près 1000 ans en direction du Groenland. Mais à cause du mauvais temps ils ont abandonné et ont continué jusqu’à ce qu’ils découvrent ce qu’ils ont appelé “Vinland” (le pays du vin). Notre protagoniste est un des membres de l’équipage de Leif Eiriksson. C’est ici que la fiction commence : Sa femme attend son retour en Norvège. Ce qui se produit finalement après un été et un hiver.

Vocalement tu ne cesses de progresser, c’est particulièrement flagrant sur les titres calmes, es-tu consciente de tes progrès ?

Merci beaucoup ! J’essaye toujours de progresser et cela selon ma propre méthode, je n’ai pas de pression et je ne prends aucune leçon de chant. Je suis mon inspiration et mon instinct.

N’ayant pas eu la chance de voir le clip de “Elegy”, peux-tu nous en dire quelques mots ?

La vidéo vient tout juste d’être terminée. On y découvre l’histoire complète du concept de “Vinland Saga”.

Quel regard portes-tu sur la carrière de Carmen au sein de Midnattsol ? J’imagine que tu dois être fière de ta sœur ?

Ma sœur est une personne et une musicienne fantastique. Elle est ma meilleure amie et nous avons toujours besoin l’une de l’autre. Son album est comme une fraîche matinée de printemps ! On respire et ressent cette fraîcheur et pureté !

Finalement, on retrouve ce même amour pour la Norvège dans vos groupes respectifs, cet attachement est très important pour vous deux…

Oui, ça l’est et ça le sera toujours. Je suis norvégienne dans mon cœur et mon âme. La nature norvégienne et mon passé sont mes plus importantes inspirations. L’Allemagne est merveilleuse mais mon mari et mes enfants retourneront un jour en Norvège.

Souhaites-tu ajouter quelque chose d’autre ?

Merci beaucoup pour cette interview ! Je te souhaite le meilleur et bonne chance !

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