HELLOWEEN Andi Deris

Tout d’abord, quelle était ton intention avec ce nouvel album ? Je veux dire : conquérir de nouveaux fans, donner une nouvelle impulsion au groupe ou donner une suite à la série des “Keeper” ?

Andi : Depuis la sortie des 2 albums des “Keeper”, beaucoup de gens ont demandé une suite. Oui je peux te dire que c’est une suite car ce sont toujours les mêmes qui l’ont demandé. Nous savions que nous devions le faire, mais seulement une fois prêts. Nous avons mis du temps car le premier chanteur était Kai Hansen et le groupe a beaucoup changé depuis, tant au niveau du chant qu’au niveau des instruments. Pour moi, c’était tout d’abord difficile d’envisager une suite, car cela devait être avec le chanteur originel ! Puis l’an dernier, nous avons des difficultés avec Michael Kiske, il a dit qu’il détestait le métal, aussi nous avons voulu essayer car pour moi c’est un album conceptuel avec des règles précises et nous pensions que c’était le moment où jamais. Il y a beaucoup de matériel dans cet album et il dure longtemps, environ 70 minutes.

Je sais que le précédent album “Rabbit don’t come easy” a obtenu beaucoup de succès et je l’aime beaucoup. Mais avec celui-ci, est-ce pour toi une nouvelle aventure à cause justement des énormes succès passés des “Keeper” ou alors voulais-tu que ton nom y soit aussi associé ?

Andi : Si tu as la possibilité de faire justement une suite aux “Keeper”, non seulement parce que le groupe sent qu’il doit le faire, tu te rends compte après presque 20 ans de succès, eh bien tu fonces. Pour Helloween, c’est un vrai challenge, et cela n’a rien à voir avec une quelconque envie personnelle, même si j’apprécie cela énormément.

Que penses-tu de tes années (plus de 10 ans) au sein d’Helloween ?

Andi : Je n’ai jamais pensé à cela car j’étais vraiment dans le groupe et le reste n’est rien. Je suis arrivé à un moment crucial car c’était un désastre musical et nous sommes repartis de l’avant. Pour moi il y a 2 sortes d’Helloween : celui sans les albums des “Keeper”, puis l’autre partie avec Michael Kiske. Je pense qu’Helloween n’est pas seulement un style de musique mais une manière de vivre ensemble et j’apprécie un groupe pareil, nous aimons la musique et nous croyons encore en ce groupe, même les fans américains nous soutiennent, énormément.

Est-ce toujours un plaisir pour toi de rencontrer les fans et d’avoir exporter cette musique hors d’Allemagne ?

Andi : Pour 99% des gens oui !!! Mais ce n’est pas la raison principale de notre musique. Nous essayons surtout de faire la musique pour nous-mêmes et d’apporter de nouveaux concepts mélodiques.

Penses-tu que tu as toujours été sur la voie mélodique plus que sur la voie métal ? Est-ce que ton expérience avec Pink Cream 69 a influencé ton chant avec Helloween ensuite ?

Andi : Je n’ai jamais différencié les styles de musiques : que ce soit le rock, le métal ou autre. Je pense qu’un chanteur doit chanter ce qu’il ressent au mieux et je ne pense que telle ou telle technique est meilleure qu’une autre. Mais je ne cherche pas à y penser, cela ne m’a jamais traversé l’esprit, il y a pour moi seulement des chanteurs qui essaient de s’exprimer au mieux. Je chante suivant ce que je ressens.

Es-tu impatient de démarrer “The legacy Tour” en Europe ? Et quelle est votre motivation pour toutes ces dates ?

Andi : Nous sommes vraiment très très impatients de partir sur les routes, c’est déjà une longue attente, car nous allons joué dans des pays où nous ne sommes jamais allés. Ce sera une grande aventure, même chez nous cela sera très spécial.

Comment juges-tu le hard rock et le heavy metal en dehors de l’Allemagne ?

Andi : En France je ne sais pas, mais en Espagne je peux t’assurer qu’il y a des tas de fans de hard rock et de heavy métal confondus. Mais je crois que les Italiens, les Français, les Espagnols, les Allemands sont des très bons fans. Et si tu dis qu’en France, ce n’est pas très chaud, je ne suis pas d’accord, ce sont des gens très chaleureux et très enthousiastes, quoique tu en penses, ce sont même les plus enthousiastes, pour moi.

Penses-tu qu’Helloween a donné une nouvelle impulsion mélodique au heavy metal et que ce groupe ne mourra jamais ?

Andi : Oui, Helloween a définitivement créé une nouvelle sorte de musique, réellement et d’ailleurs nous avons été fréquemment copié de puis, longtemps. Il y a eu un nouveau marché du heavy métal depuis.

Peux-tu me dire si tu considères avoir réussi ta vie musicale (même si bien sûr elle n’est pas terminée) ?

Andi : Je ne sais pas, et tu vois, tu ne peux pas dresser un bilan car rien n’est jamais fini. Les rêves que tu avais étant jeune, même si tu en réalises une partie, continuent à être en toi. J’ai chanté devant des milliers de gens, j’en ai fait ma vie. Je ne parle pas d’avoir plus de succès, plus d’argent, mais d’aventure musicale et j’ai envie de continuer de vivre ce rêve, comme tout le monde le ferait à ma place, pour tous ceux qui ont le rêve de faire quelque chose de leur vie. Sinon tu ne peux plus rêver, si tu arrêtes de croire. Et puis il peut arriver tellement de choses, nous avons été n°1 au Japon et ensuite nous avons joué devant une poignée de personnes en Belgique, tu réalises ? Ainsi il faut rester humble et savoir que tout peut être remis en question très rapidement.

 

Continuez votre lecture