Rock · Reims
CHESTER REMINGTON
Biographie
La légende veut qu’à huit ans, le jeune Chester Remington ait regardé en boucle la chanson du film « Dingo et Max » : un « Stand Out » aux airs de Michael Jackson et de Prince, passé au filtre Disney. Se rêvant en Dingo showman high-tech et harangueur de foule, l’enfant a compris — pendant que la VHS s’usait — qu’il lui faudrait ouvrir son cœur par la musique. Devenu grand et installé derrière les fûts de nombre de groupes rémois, Chester a pris le temps de construire patiemment sa fusée sonore azimutée, comme d’autres bâtissent des soucoupes volantes : une sorte de démonstration par l’absurde de ses affinités musicales tentaculaires.
Le résultat ne ressemble à rien d’autre. Les influences y sont pourtant nombreuses, et l’on croit croiser plein de gens qu’on connaît, mais avec des têtes bizarres — comme dans un rêve, ou un film d’animation. Ici un rock stoner joué pied au plancher côtoie des chorales survoltées ; là Mike Patton s’acoquine avec les guitares surf des années 60 ; ailleurs des basses saturées à décoller le papier peint débouchent sur des envolées psychédéliques rêveuses.
Le tout dans des morceaux volontiers labyrinthiques, aux structures à tiroirs qui tordent le cou aux canons de la pop sans jamais s’égarer ni perdre en évidence. Le vieux Dingo serait sans doute surpris de voir ce que sa performance a déclenché chez le petit Chester.