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Fat Dog : l’imprévisible chaos psychédélique et punk de « WOLVES » enfin en pleine lumière

Il y a toujours eu cette théorie parmi les passionnés de musique : et si, pour redorer son blason sur la scène internationale, le Royaume-Uni envoyait un groupe capable de bousculer les codes, loin du formatage habituel ? Fat Dog a failli transformer cet essai, le groupe ayant un temps évoqué une participation à l’Eurovision avant de se retirer par conviction personnelle. Une anecdote révélatrice pour un collectif dont l’ADN — un mélange détonant de klezmer fiévreux, de punk abrasif et d’electro-pop sombre — semble taillé pour la démesure des projecteurs.

Fat Dog - Cancel Me (I'm Tired) (Official Lyric Video) (vidéo YouTube)

Avec leur second album, Cancel Me (I’m Tired), Fat Dog confirme cette ambition de radicalité sonore. Après un premier opus, WOOF., qui posait les bases d’une rave agitée et narrative, ce nouveau disque opère une mutation. Le groupe délaisse une partie de l’exubérance klezmer de ses débuts pour se concentrer sur une production plus tranchante, héritière directe d’une certaine tension post-Prodigy et de cette énergie brute qui a fait vibrer les clubs underground ces dernières décennies.

Joe Love, le frontman charismatique du projet, semble avoir cherché cette fois à donner plus de poids à ses textes. Si le chaos sonore reste la marque de fabrique du groupe, des titres comme « Call It What You Want » témoignent d’une volonté d’aborder une forme de désespoir urbain plus viscéral. Avec des lignes comme « You wear the world right under your skin / So we all bang keys / Till we all get thin », le morceau parvient à capturer une mélancolie brute, presque physique.

L’album navigue à travers des références pop culturelles décalées — de Walt Disney à l’imagerie télévisuelle — créant un terrain de jeu où le surréalisme rencontre le quotidien. C’est un disque qui ne cherche pas la demi-mesure, préférant boxer avec une forme d’idiocratie agitée qui leur est propre.

Fat Dog réussit ici à proposer une expérience sonore sans compromis. Cancel Me (I’m Tired) est la preuve que le groupe continue d’explorer son propre chemin, refusant de se laisser enfermer dans les étiquettes. Pour ceux qui cherchent une musique qui ne craint ni le bruit, ni la sueur, ni les recoins les plus grinçants de l’époque actuelle, ce second chapitre est une plongée sans retour dans l’univers débridé d’un groupe qui, quoi qu’on en dise, ne ressemble à aucun autre.

Last modified: 9 octobre, 2026
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