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Jawdropped – Secret to Spare : l’énergie rock brute enfin révélée dans un album percutant

Il est des groupes qui semblent avoir trouvé dans l’effervescence de Los Angeles un terreau fertile pour faire fructifier leurs influences. Jawdropped en est la preuve vivante. Après un EP prometteur sorti en 2025, le quatuor composé de Kyra Morling, Roman Zangari, Sean Edwards et Cook Lee-Chobanian revient avec Secret to Spare, un premier album qui marque une maturité certaine. Ici, plus question de tâtonner : le groupe assume pleinement ses racines et son héritage.

Dès les premières secondes de “The Line”, la filiation est évidente. On y entend les accords solaires et cette urgence mélodique qui évoquent immédiatement les grandes heures du power-pop des années 90, rappelant le travail d’Evan Dando ou des Lemonheads. Pourtant, Jawdropped se distingue par une approche bien plus immédiate et dépouillée de tout artifice. Là où certains se cachent derrière une mystique artificielle, le groupe choisit la vulnérabilité et la sincérité. Comme le souligne Zangari, l’heure n’est pas au paraître, mais à l’expression brute.

Cette recherche d’authenticité imprègne tout l’album. Sur le titre “Monday”, marqué par une énergie pop-punk héritée des meilleures heures de Paul Westerberg ou de Teenage Fanclub, les voix de Morling et Zangari s’unissent dans un chœur chaleureux, transformant un sentiment d’urgence amoureuse en un hymne organique. Cette camaraderie, cette sensation “bar-band” bienveillante, est le ciment de Secret to Spare.

L’album ne se contente pas d’être un hommage aux années 90 ; il capture avec justesse le tumulte de la vie urbaine moderne. Les morceaux oscillent entre le constat mélancolique et l’exaltation. “Cup” illustre cette impression de piétiner, portée par des mélodies aussi musclées que mélancoliques, tandis que les riffs effrénés de “Smoglight” traduisent parfaitement l’épuisement des nuits blanches et la routine citadine, saupoudrés d’un sarcasme teinté de romantisme désabusé.

Plus loin, Jawdropped explore les zones d’ombre du succès et de l’ambition avec “Split Lip” et nous offre des moments de grâce avec “Whiplash” ou la ballade “Cellulite”. Sur ce dernier titre, le temps qui passe est mesuré non par les années, mais par les signes tangibles de l’existence : les vêtements qui ne vont plus, les marques sur la peau.

En livrant une production aussi honnête qu’efficace, Jawdropped parvient à créer une œuvre qui résonne avec ceux qui connaissent le prix de la poursuite d’un rêve dans la cité des anges. Secret to Spare est un disque qui ne cherche pas à être “cool”, il préfère être vrai. Et c’est précisément ce qui le rend indispensable.

Last modified: 18 septembre, 2026
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