Après une tournée promotionnelle sensationnelle en début d’année pour son deuxième album Just Like Blood, le singer-songwriter TOM McRAE nous a fait la joie de revenir en trio acoustique. Une occasion rêvée de le rencontrer et de lui poser quelques questions auxquelles il a répondu gentiment, humblement et généreusement.

2003 est une année riche en évènements pour toi : 2 tournées ainsi que des festivals. Comment te sens-tu en cette fin d’année ?
« Fatigué ! » (en français). Ca a été une année très chargée. J’étais sur la route la plupart du temps. J’ai tourné en décembre l’année dernière, déjà en acoustique. Dans l’ensemble ça a donc été une année très agréable qui m’a permis de toucher un public nouveau et plus nombreux. Les gens semblent avoir apprécié mon 2ème album et il a reçu de bonnes critiques. C’est très agréable de pouvoir travailler et évoluer sans que ce soit trop contraignant. Partout où nous allons, ça marche. Je suis donc heureux mais fatigué.
Te sens-tu plus à l’aise sur scène aujourd’hui ?
J’ai toujours aimé la scène, et ce depuis mes débuts. Ca me rend toujours nerveux. Mais je me sens plus à l’aise avec le groupe parce que je trouve ma place dans le son des musiciens. Alors que pour le show acoustique, c’est plus calme, plus intense et je dois trouver le moyen d’être plus détendu. Mais je n’ai jamais douté de mes chansons ni de ce que je faisais ! Le public, s’il a envie de me voir, vient me voir. C’est tout !
Justement, après ta tournée promotionnelle pour Just Like Blood, tu enchaînes avec une tournée acoustique. Que préfères-tu ?
J’aime les deux. J’aime jouer avec le groupe parce qu’on s’éclate, c’est plus cool. Par contre, quand nous nous retrouvons tous les 3, il en ressort une intensité. Ca ne sonne pas comme sur les albums mais plus tôt comme si nous réinterprétions chaque chanson en les jouant de façon plus dépouillée, peut-être même comme elles sonnaient telles qu’ écrites à l’origine.
Ta musique commence à toucher de nombreux pays. Or tu ne tournes pas dans certains pays, pourtant demandeurs, comme le Canada par exemple. Est-ce un choix ?
Non, c’est juste une question de moyens. Je n’ai pas tant d’argent que ça. Ma maison de disque ne me paiera pas pour aller au Canada par exemple et je dois prendre sur moi si je veux y aller. J’ai tourné aux Etats-Unis mais je n’ai pas eu la chance d’aller au Canada. J’aimerais bien y allerd’ailleurs et j’essaierai de le faire l’année prochaine.
Tu comptes donc toucher de nouveaux publics.
Absolument ! Maintenant que j’ai plus le contrôle sur les endroits où je veux aller, je me rendrai là où je trouverai un public, même peu important, tels que l’Australie ou le Canada justement.
Que penses-tu du public français ?
C’est le meilleur ! (Rire) On me pose souvent cette question et c’est difficile de paraître sincère. Dans chaque pays on me demande ce que je pense du public mais le fait est que le public français reste particulier. C’est en France que ma musique a d’abord trouvé une écoute. Il me semble que vous êtes plus ouverts aux différents genres musicaux. La « chanson française » est une culture musicale déjà très riche mais cela ne vous empêche pas d’être plus réceptifs aux musiques étrangères qu’en Angleterre ou aux Etats-Unis où ils n’écoutent rien d’autre que des choses en anglais. C’est pour ça qu’en France quelques concerts m’ont suffit à trouver un public qui a été agréablement surpris par ce que je faisais et qui me reste fidèle de tournée en tournée. Il y a 3 semaines, par exemple, j’étais encore aux Etats-Unis et à New-York il y avait des français ! Je me sens incroyablement chanceux et je vais faire de mon mieux pour entretenir cette relation en venant plus souvent en France.
Entre ton 1er et ton 2ème album, ta musique a évolué tout en gardant cette empreinte particulière. Te préoccupes-tu d’essayer de garder cet univers quand tu écris de nouvelles chansons ?
J’y vais au feeling. Je ne fais confiance qu’à mon instinct. Les critiques aimeraient vous voir évoluer, produire des sons nouveaux, prendre des risques… mais moi je ne fais qu’écrire des chansons.
Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire ?
Tout ce qui me fait ressentir des choses, bonnes ou mauvaises. Il suffit de regarder les infos, de voir l’état du monde. Ca me fout en rogne et c’est ce qui me donne de l’énergie pour continuer à écrire. Ou bien, je tombe amoureux et comme ça ne dure pas(rire) … j’écris… Bref ! Toutes les petites ou les grandes choses de la vie m’inspirent, quelles qu’elles soient.
Quels sont tes projets pour l’année à venir ?
Je vais commencer par prendre des vacances à la fin de cette année. Pour Noël, je vais au Brésil passer un mois au soleil. Ca m’a l’air d’être un bon plan ! Ensuite je retourne passer deux mois aux Etats-Unis pendant lesquels je compte écrire. Puis au printemps, je rentre en studio pour un nouvel album qui, je l’espère, sortira en septembre-octobre 2004 même si la maison de disques n’envisage pas de le sortir si tôt.
Projettes-tu de sortir un album ou un DVD live ?
Non. Pas sur les tournées récentes. Je ferai très certainement un jour un album de quelques chansons en live mais pour l’instant j’aime bien la culture du bootleg sur internet et j’aimerais peut-être même y ajouter mes propres bootlegs. Sortir un album live qui célèbre une tournée, je trouve ça ennuyeux et pas très intéressant. J’aime l’idée que les gens aillent me voir en concert et qu’ils puissent le télécharger gratuitement sur mon site quelques jours après.
Où en sont tes projets avec Keren Ann ?
J’aime beaucoup sa musique. J’en ai parlé avec elle, je connais assez bien, mais pour l’instant rien n’est en projet car elle est très occupée. Un jour peut-être ? En tout cas ce serait super d’essayer quelque chose avec elle. C’est une excellente auteur-compositeur.
Nous feras-tu le plaisir de revenir en France l’année prochaine ?
« Juste pour vous ! » (rire) L’année prochaine c’est peut-être trop tôt. Peut-être fin 2004… Pour l’instant j’envisage surtout de travailler sur mon prochain album. J’ai vraiment envie qu’il soit le meilleur !Le concert était un pur moment de bonheur pendant lequel nous avons vibré au son d’une voix aux envolées magiques, d’un toucher de guitare sensible et magnifique, d’un violoncelle formidablement mélancolique, d’un accompagnement piano très subtil et de silences somptueux entre les chansons. La communion avec le public est à son comble lorsqu’il repousse le micro, s’avance seul sur scène et entonne  » Bloodless  » à la seule force de sa voix. Une soirée emplie de ces émotions si précieuses qu’elles en sont rares, une osmose parfaite entre Tom, Oli Kraus au cello et Olli Cunningham au clavier et une réélle complicité avec le public qui a pu voir en Tom un artiste mélancolique d’un naturel enchanteur mais non dénué d’humour…

Merci Tom pour ces instants d’éternité arrêtés hors le temps. Continue à nous faire « prendre des trains à travers la plaine »* 

* D’après « La Nuit Je Mens » d’Alain Bashung, chanson reprise par Tom McRae…

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.