Après une longue période de rêve et de voyage, nos Hollandais favoris regagnent leur pénates pour concocter en leur réputé plat pays un album qui lui ne l’est pas du tout : riche et contrasté, bercé d’influences diverses, The Gathering a eu tout son temps pour prendre son élan et rebondir un peu plus loin, toujours plus loin, comme à chaque fois qu’on l’attendait quelque part, pour un ailleurs inconnu, souvent d’eux-mêmes à la base. Rencontre à Paris avec Anneke (chant) et Franck (claviers), en préparation de If then else , leur nouvel album, dont la sortie est prévue en juillet prochain. On peut donc prévoir un été chaud, mais aussi un album qui nous aménera tout doucement vers l’automne, puis vers l’hiver, en revisitant, du coup et une à une, toutes les saisons du plaisir.
-Votre nouvel album, If then else , marque un retour à des chansons plus courtes : pouvez-vous nous parler de ce nouveau changement de direction ? S’agit-il d’une volonté de changement perpétuel ?
-Anneke : Nous avons toujours voulu évoluer et essayer de nouvelles choses. Cette fois, nous avons expérimenté des sons, des techniques vocales et de percussion, des choses comme ça. C’est ce que nous voulions vraiment, How to measure a planet était très long et nous l’aimions beaucoup mais nous nous sommes dits : OK, la prochaine fois, on va frapper très fort !

– A cette époque, étiez-vous nostalgiques de la musique des années 70, avec des groupes tels que Pink Floyd, Yes, etc ?
-Franck : Oui, nous aimons ce style de musique, surtout Pink Floyd et Camel, un très bon groupe, je regrette de ne pas avoir pu voir ces groupes sur scène…

-Dans ce sens, peut-on considérer Superheat comme marquant la fin d’une étape et laissant la porte ouverte pour autre chose ?
-Anneke : Je ne sais pas, beaucoup de gens pensent que Superheat marque la fin d’une période, mais pour nous, c’est très différent, beaucoup de fans ont réclamé un album live par courrier et E-Mail parce qu’ils nous avaient vu en concert ou n’avaient pas pu nous voir. On ne l’a pas vraiment fait pour nous car c’est sur scène qu’on s’éclate : l’album représente juste un moment, pas du tout la fin d’une période.

-Que signifie If then else ?
-Franck : C’est un titre qui provient d’un programme informatique. En fait, c’était le titre d’un morceau, mais on ne l’a pas inclus dans l’album. Je trouve que le titre sonne bien et correspond aux textes. Il n’a pas vraiment de signification spéciale.

-Pourquoi l’avez-vous enregistré dans 3 studios différents ?
-Franck : On voulait un enregistrement analogique, comme dans les années 70. Nous avons aussi enregistré en numérique dans un autre studio et effectué le mixage final dans un troisième.

-Pour cet album, outre les instruments de base, vous avez utilisé des instruments classiques et des samplers : vous semblez aimer prendre des risques, comme pour le double album…
-Franck : Je ne pense pas que ce soit une question de risques, c’était nouveau pour nous d’utiliser des cordes et des cuivres, nous n’avions aucun doute. Le son est très bon et organique.

– Aimeriez-vous jouer avec un orchestre philharmonique ?
– Anneke : Ca a déjà été fait, notamment par Metallica. En fait, on a enregistré deux morceaux avec un orchestre pour la télé, mais engager un bon orchestre coûte très cher. En plus, on préfère utiliser uniquement quelques musiciens, l’atmosphère est plus intimiste.

– J’ai entendu dire que vous aviez pris des cours de chant jazz : en quoi cela a-t-il amélioré votre voix ?
-Anneke : J’ai aimé cela car c’était totalement différent de la pop : avant, je jouais du jazz, du blues et du folk, des choses totalement différentes de The Gathering : cela ouvre les horizons et évidemment, le jazz est techniquement plus difficile que le rock et permet d’apprendre beaucoup. C’est bien d’écouter des tas de choses différentes pour ensuite créer sa propre musique. Ella Fitzgerald est ma préférée !

-Pensez-vous que le début d’un nouveau siècle soit un bon moment pour que l’humanité commence à réfléchir ?
-Anneke : Nous réfléchissons toujours ! C’est très important de se demander si l’on aime ce que l’on fait, si l’on va dans la bonne direction…
-Franck : C’est difficile d’arrêter de penser.

-Le manque de réflexion et le pouvoir des machines et de certains hommes sur d’autres sont-ils les thèmes du nouvel album ?
-Anneke : Oui, en quelque sorte : lorsque le monde évolue très vite, le corps humain n’arrive pas vraiment à suivre, on conduit des voitures, on va sur Internet, o fait tout de manière mécanique et c’est très bien car cela permet de communique avec beaucoup de gens et c’est finalement très social, mais d’un autre côté, on doit parfois s’arrêter et faire une pause car tout cela n’est pas très naturel. Mais on se contente de chanter et de jouer, on ne veut pas prêcher ni donner de message. On vient du sud de la Hollande, qui est une région agréable, on aime beaucoup se promener et prendre l’air : l’air, c’est la vie !
-Le dernier mot pourrait être : réveille-toi, c’est fini de rêver, maintenant, il faut faire quelque chose avec tes rêves ?
-Anneke : Oui, je crois que nous sommes de retour sur terre…
-Franck : How to measure… traitait du voyage en général, il est temps de faire une pause…
-Anneke : Oui, c’est très poétique ! Nous avons choisi de faire un album plus court.
-Franck : Oui, nous avions environ 17 morceaux, mais c’était trop alors, nous en avons choisi quelques-unes.
-Anneke : Nous voulions aussi que ce CD soit court pour qu’il soit plus agressif. Sur la pochette, on bouge sans arrêt, et sur la photo à l’arrière, on fait une pause !

-Anneke, c’est sûrement une victoire pour toi d’être considérée comme une chanteuse à part entière et non comme une poupée dans un monde de machos ?
-Anneke :  Evidemment ! Je suis une chanteuse et pas une cover girl. Je sais que les sessions photos font partie du business, mais nous sommes des musiciens ! Quand on fait de la musique, on interpelle vraiment les gens. Mais je suis heureuse de faire la couverture de magazines et, en tant que femme, je suis consciente d’attirer l’attention et nous en tirons un peu parti. J’essaie d’être belle mais nous essayons d’attirer les gens par notre musique ce qui, comme tu le disais, est plus durable !

-Après 10 ans, The Gathering est-il satisfait de son évolution ?
-Franck : Oui, évidemment, on n’est jamais satisfait du produit final, je ne suis jamais content parce que je veux toujours m’améliorer. Mais je suis tout de même satisfait.
-Anneke : Moi aussi !

-La transition du death metal de vos débuts vers quelque chose de plus atmosphérique et sensuel a-t-elle été provoquée par l’arrivée de Anneke ou le groupe souhaitait-il s’orienter dans une autre direction ?
-Franck : Je crois que c’est positif d’avoir Anneke avec nous…
-Anneke : Ils se dirigeaient déjà dans une direction plus mélodique.

-Comment voyez-vous votre avenir ? Un grand rassemblement avec votre public ?
-Anneke : Nous sommes déjà très proches et nous sommes très heureux que tant de gens nous apprécient. Nous essayons d’avoir autant de contact que possible avec eux.
-Franck : Internet est également un média très intéressant à cet égard. Nous avons un site Internet, récemment mis à jour et tout le monde y est le bienvenu (www.gathering.nl).
Franck : Nous avons des milliers de visiteurs par jour.

-Etes-vous fans de football ?
-Anneke and Franck : Oui ! Nous essayons de suivre les matches : l’équipe néerlandaise joue demain, mais nous ne les verrons pas, on parle, on parle, on parle ! ! !

 

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