Tournant inlassablement au Royaume Uni depuis plus de deux ans en compagnie de Pitschifter, One Minute Silence et autres fleurons du metal fusion anglais actuel, s’offrant à présent les gros festivals et les concerts en tête d’affiche, nos quatre lascars de Sona Fariq sont venus à Paris, le temps d’une télé, présenter leur premier album, gros déluge de sons et de rythmes entremêlés, destiné autant à faire bouger les meninges que remuer les extrémités. Riche d’une belle énergie et d’une furieuse envie de ruer dans les brancards, le groupe au grand complet a bien voulu, fort de son optimisme entêtant, nous transporter le jour même de la grêve des taxis. Une affaire qui rocke, et qui roule, donc.

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– D’où vient le nom Sona Fariq ?
– Plus on nous le demande, moins on le sait, mais la seule chose importante, c’est que nous sommes Sona Fariq et c’est notre son. On peut l’interpréter comme on veut.
– Vous vous êtes rencontrés en Angleterre, mais vos origines sont très diverses : Angleterre, France, Inde… Ce melting pot est-il essentiel à votre musique ?
– Il est essentiel dans le sens où cela a un rapport avec qui nous sommes. Nos personnalités font notre musique. Nous écrivons la musique que nous voulons entendre, on ne joue pas de reprises. Toute notre vie se reflète dans ce que nous faisons, pas seulement nos différences culturelles et génétiques.
– Est-ce un plus pour vous d’avoir des cultures différentes ?
– Oui, parce que lorsque vous êtes fils d’immigrés et que vous visitez votre famille, vous en êtes enrichi, vous apprenez des choses, contrairement à quelqu’un, par exemple, qui resterait à regarder la TV. Nous absorbons toutes nos différences et lors de nos disputes, nous parlons tous dans des langues différentes. Mais de toutes façon, même lorsque tous les membres d’un groupe viennent du même pays, ils ont des différences individuelles.
– Aimeriez-vous chanter dans d’autres langues ?
– Nous le faisons, pas sur cet album, mais nous y travaillons. L’une de nos chansons était en français, parce que j’écoutais beaucoup de hip hop français, alors c’était naturel pour moi. Je n’aimais pas vraiment la scène américaine, je vivais en France depuis un an et je connaissais très bien cette langue. Lorsque vous vivez dans un pays depuis un an, vous commencez à rêver dans la langue. Ce serait un plaisir, mais ce qui m’énerve, c’est un type comme celui de Soundgarden qui sort quelque chose dans une autre langue et ça devient un gros truc marketing cynique. C’est comme ces boy bands, dont les membres sont anglais et qui chantent en français, c’est juste du marketing. Mais certains morceaux sonnent mieux dans certaines langues et certaines idées peuvent être mieux exprimées dans certaines langues. On perd tout en traduisant.
– Quelles sont vos influences musicales ?
– Tout, le hip hop, le rock, le reggae, la jungle, etc. C’est la même chose pour tout le monde, toutes les musiques influencent tous les groupes. C’est pourquoi nous devons supporter ces salopes de Christina Aguilera ou Britney Spears, qui foutent leur merde dans la tête de tout le monde toute la journée.
Nous venons de familles qui apprécient la culture et nous avons grandi avec la musique, alors c’est assez naturel pour nous. Ce n’est pas seulement la musique que nous écoutons, c’est tout ce qui nous entoure. Il y a des groupes qui veulent vivre à fond le mode de vie rock’n’roll et c’est pour ça qu’ils font de la musique. Ca ne nous intéresse pas, nous ne voulons impressionner personne, c’est juste nous.
– Vous avez dû attendre avant de sortir cet album et vous avez beaucoup tourné avant ça.
– Nous avons formé le groupe il y a 3 ans et nous avons composé sans arrêt. Une fois les morceaux écrits, les maisons de disque ont commencé à nous aborder. Nous n’étions pas vraiment prêts avant cela.
– Etait-ce une sorte de rêve pour vous de voir votre album en vente ?
– Il y a des choses plus importantes. On ne se sent pas fiers juste parce qu’on a sorti un CD. Evidemment, on est fiers de ce qu’on a fait, mais il y a toujours des choses plus importantes. Par exemple, on passe demain sur Canal +, alors on n’a pas vraiment le temps de penser à autre chose. Ce sera probablement terrifiant. Il y aura des millions de téléspectateurs. Je vais chier dans mon froc (rires).
– Vous sentez-vous proches de certains groupes ?
– Non, pas musicalement. On fait notre truc, on se fout de ce que font les autres. On ne se calque pas sur les autres groupes. Evidemment, c’est un peu démodé aujourd’hui de considérer la musique comme un moyen d’expression et d’écrire pour soi, mais c’est ce que nous faisons (rires).
– Comment voyez-vous votre avenir ?
– On veut jouer et continuer à composer. On veut devenir de plus en plus forts et écrire des chansons toujours meilleures. On veut profiter de la vie, parce que sinon, la musique serait merdique.

Entretien: JPC,

 

 

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