pearl jam // riot act
janvier 2003
Album
Sony Music

Le revival rock’n’roll bat son plein, Nirvana revient sur le devant de la scène, le néo-métal s’essouffle et Pearl Jam… s’en bat les couilles et continue de sortir ses albums au mépris des modes et de la hype. Il serait pourtant faux de croire que les Américains n’ont pas évolué au fil du temps…quoi de commun entre le son punk de Versus, le post-grunge de Yield et le retour au blues des derniers albums dont Riot Act assure la continuité? Qu’importe, bien qu’en constante mutation, Pearl Jam a atteint le statut de groupe culte qui peut, à l’instar d’un Radiohead, tout se permettre sans être montré du doigt, tant leur style reste malgré tout inimitable. Pourtant, les galères les ont accablés au milieu des années 90, mais ces années d’errances médiatiques dans le vide de leur inspiration n’ont fait que renforcer leur envie d’évoluer, de peaufiner leur son et d’élargir à chaque album la large palette d’émotions dont ils disposent pour peindre leur puissant tableau d’une musique intemporelle et riche. Certes, le tempo s’est ici ralenti (seul Get Right dégage une véritable colère) et le gang de Seattle s’éloigne du fantôme de Kurt Cobain pour s’approcher de plus en plus du maître Neil Young (la ballade All or None pourrait lui être dédiée). Mais ils font surtout preuve encore et toujours d’une créativité surprenante, grâce aux performances vocales d’Eddie Weder (Arc et son spiritisme accru débouche sur l’entêtant Busheager, plus parlé que chanté), et surtout à une recherche stylistique particulièrement fine (Green Disease et Save You sont de petits bijoux), allant même frapper à la porte de l’indus-rock avec un dernier You Are aux samples désarmants. Bref, du changement dans la continuité plutôt qu’un véritable Riot Act, le dernier Pearl Jam semble encore sorti de la plus belle des huîtres.

Jarod

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