Se distinguant nettement de toute la scène metal dite ‘de Goteborg’, Opeth est définitivement un groupe à part : combinant la furie du death metal et de l’extrême avec des sons et une vision venue tout droit des années 7O, ils reviennent aujourd’hui avec ce nouvel album, un nouveau joyau dans leur coffre à bijoux intitulé ‘Ghost reveries’, sur Roadrunner, leur nouveau label après la fin de Music for Nations. Rencontre avec Per, ex Spiritual Beggars, aux claviers, et à présent membre permanent d’Opeth.
 

-Opeth était auparavant sur Music for Nations, et, lorsque ceux-ci ont cessé leur activité, se retrouve sur Roadrunner: comment cela s’est il produit et es tu content de ce choix ?

-Per : Oui, tout est bien jusqu’à présent, je dirais, et je pense que Roadrunner a fait un excellent boulot,

même si l’album n’est sorti que depuis trois ou quatre semaines. Une autre bonne chose est que tu peux trouver l’album dans beaucoup de magasins, actuellement, ce qui est toujours très bon !

-Comment s’est déroulée cette tournée, the Sound of the underground Tour, avec des groupes tels que Lamb Of God, Devildriver, Throwdown, Clutch, High On Fire…?

-Per : C’était vraiment super, bien plus que je ne l’aurais suppose. Pour nous, personnellement ou en tant que groupe, ça semblait être une bonne chose que d’être ensemble et de jouer live, mais en plus on a rencontré un tas de gens très cool. On connaissait déjà certains de ces groupes, mais le but principal pour nous était de jouer devant des gens qui ne nous avaient jamais entendu, et je crois que nous avons du jouer devant des gens qui n’auraient jamais écouté Opeth s’il n’avait pas été à l’affiche. J’espère que tout ça nous a fait du bien, mais sinon on s’est bien pris du bon temps en le faisant. Certains concerts étaient très bons, un public très réceptif, spécialement au Canada, où l’accueil était vraiment supérieur à tout ce à quoi nous nous attendions. Tout fut super, en général, sur cette tournée.

-Comment va Martin Lopez aujourd’hui? ( il était malade lors de la tournée)

Per : Il n’est pas avec nous sur cette tournée, parce qu’il ne se sent pas bien : il est renter en Suède se reposer, mais nous avons un autre Martin qui nous a rejoint : il était dans Bloodbath, il est aussi dans Witchery , c’est un très bon batteur et un type très sympa, et il nous donne un coup de main pour le moment.

-Per, tu es aujourd’hui un membre permanent d’Opeth : la période Spiritual Beggars est elle terminée définitivement pour toi, ou as tu l’intention de te partager entre les deux groupes?

-Per : Non, Spiritual Beggars continue, mais, dans ce groupe, on trouve déjà Michael Amott et Charlie D’Angelo, tous deux membres d’Arch Enemy, qui les tient très occupés et moi je suis très pris avec Opeth. Je pense donc que Spiritual Beggars doit faire la pause. On se parle constamment, pour voir s’il n’y a pas moyen de se voir, mais il semblerait que ce soit rate pour cette année, parce que les deux groupes, Arch Enemy et Opeth, tournent jusqu’à Noël. Peut être l’année prochaine!

-Qu’a apporté ton arrive au sein du groupe?

-Per : J’espère, quelque chose de bon! C’était très important pour Opeth de ne jamais stagner et continuer à se développer. Je pense que c’est intéressant pour Mikael d’avoir un nouvel instrument au sein du groupe, au point de vue des arrangements. J’espère que cela ajoute une nouvelle saveur et un tas de sonorités assez cool venues du passé. Je joue avec eux depuis deux ans maintenant, et je crois donc qu’à la fois le public et les autres membres d’Opeth ont pris l’habitude de me voir là !

-D’où penses tu que vient le respect entourant Opeth de tous les horizons?

-Per : Les gens sont très gentils avec nous! Peut être est ce du au fait que le groupe existe depuis quinze ans, et tous les groupes qui sont là depuis longtemps et ne se sont pas compromis d’une façon ou d’une autre méritent le respect. C’est au public de juger s’ils sont bons ou mauvais, mais je pense que ce seul fait mérite qu’on les respecte.

-Aujourd’hui sort le nouvel Opeth : ‘Ghost reveries’ : que cache ce titre?

-Per : Je pense que l’intention de départ de Mikael avec les textes était d’écrire, non pas un concept album, mais plutôt un theme general plus évident que ce qui est finalement apparu sur le disque, et ‘God reveries’ était sans doute un bon nom pour ce thème lyrique, son sentiment général, mais je crois que, quand il commence à écrire, il se lâche et part un peu dans tous les sens, et, du coup, ce concept album n’a jamais vu le jour, bien que certains morceaux, au point de vue des textes, soient connectés les uns aux autres.

 

-A propos du nom même d’Opeth, j’ai lu qu’il venait d’une cite perdue en Afrique, dans un roman de Wilbur Smith?

-Per : Oui, et je pense que ce roman s’appelle ‘tonnerre…quelque chose’, et Opeth était une lune, le nom d’une lune, et ça s’épelait OPET : je crois donc qu’ils se sont trompés lorsqu’ils ont crée le groupe. Mais, du tout, personne ne peut nous poursuivre à cause de ça !

-Peut on dire que c’est un mix des tendances musicales des deux derniers albums?

-Per : Oui, un peu : On y trouve des éléments de ‘Damnation’, et peut être un morceau ou deux auraient pu figurer sur cet album. Au point de vue des morceaux plus heavy, je dirais que c’est un mélange de tous les albums précédents d’Opeth, avec une pincée de riffs old school sur celui là aussi. C’est donc principalement ce que dirait Mikael, une sorte de combinaison ‘Damnation’ et de ‘Deliverance’.

-Avec le recul, regrettez vous d’avoir sorti deux albums au lieu d’un double, à l’époque?

-Per : Non, je sais qu’ils étaient très heureux de sortir l’album ‘Damnation’ , qui était plus ou moins une expérimentation qui a tourné vraiment très bien, du moins à mon avis : je crois qu’il a été très bien reçu aussi et les morceaux que l’on en joue ont beaucoup de succès auprès des fans.

-‘Ghost reveries’ a été produit par Jens Borgen, de Soilwork : pourquoi ce choix?

-Per : Eh bien, il a aussi bossé avec Katatonia et Bloodbath ; il est assez jeune, mais très professionnel, très dur à la tâche, et possède de bonnes idées au point de vue des sons et des arrangements. C’est très bon d’avoir un regard extérieur, parce que sinon, on peut être totalement aveugle, en studio : c’est très bien d’avoir quelqu’un qui vous dise d’aller vous faire foutre, quand les choses tournent au vinaigre! Je sais que Mikael a également contacté Steven Wilson, qui a produit les trois derniers albums d’Opeth, mais je pense qu’il n’était pas libre lorsque nous répétions et voulions enregistrer. Tout le monde s’est donc fait à l’idée que l’on allait faire ça nous-mêmes, avec Jens, et je pense que ça nous a donné davantage confiance en nous-mêmes.

-N’étiez vous pas inquiets qu’il vous amène ce fameux ‘son de Goteborg’ que vous n’appréciez guère ?

-Per : Je ne pense pas que quiconque a vraiment pensé au fait que nous devions être quoique ce soit. On a juste essayé de se concentrer sur la musique et bien l’écrire. On peut toujours trouver une parenté ici ou là, mais je n’ai jamais pensé que ce groupe appartenait à une quelconque scène. Ceci dit, il y a un tas de bons groupes de death metal bands à Stockholm, comme Dismember, Doom, Unleashed, et d’autres…

-Quels ont été les groupes d’influence pour Opeth? Krimson, Genesis, Can, Amon Duul, Pink Floyd…

-Per : Je crois que tous les membres de ce groupe sont des accros de la musique et des collectionneurs : personnellement, ma plus grosse influence est sans doute Jimi Hendrix, mais j’écoute toutes sortes de musiques, nouvelle et ancienne, à la fois metal et non metal. J’aime beaucoup King Crimson, c’est un groupe qui fut très important en tant que tel mais également dans le développement d’Opeth au cours des années. Mikael écrit surtout les morceaux et il adore la musique progressive des années 6O et 7O. Mais je ne suis pas certain de l’influence de Genesis sur lui!

 

-Et Whitesnake?

-Per : Oui, Michael est un fan. J’aime aussi Whitesnake …jusqu’à un certain point : je crois que le dernier album que j’ai vraiment aimé est ‘Saints and sinners’, en 82. Je les ai vus tourner à cette époque mais, ensuite, j’ai cessé de m’y intéresser.

-Peux tu citer quelques disques ayant change ta vie?

Per : ‘Band of gypsies’, de Jimi Hendrix, ‘Vision of the great beyond’ du Mahavishnu Orchestra, ‘Black Metal’ de Venom, ‘Bitch is Blue’ de Miles Davis, ‘Rock for life’ des Bad Brains, ‘Divine Punishment’ de Diamanda Galas, ‘End of silence’ du Rollins band…

-Très éclectique ! Verra-t-on une vidéo, ou peut être plusieurs, pour ‘Ghost Reverie’?

-Per : Oui, on a tourné une vidéo quand on passait aux Etats Unis. On l’a faite en une journée à L.A, pour le morceau qui s’appelle, Grand duration. Ca sonne très professionnel, et on peut déjà le voir aux States sur MTV2, mais pas encore en Europe, j’espère que ça se fera, je suis sûr que Roadrunner forcera tout le monde à la passer! C’est dirigé par le même gars qui a dirigé Lemmy et Wino d’Obsessed pour le projet ‘Probot’ de Dave Grohl, et d’autres dont je ne me rappelle pas sur le moment, mais ça a l’air très metal , dirais je : des filles, des serpents, des pièces sombres, le groupe en train d’headbanger : je pense que c’est tout bon !

-Après ‘Damnation’, Mikael voulait faire un break : du coup, comment s’annonce l’année prochaine pour Opeth : occupée ou plutôt feignante ?

-Per : Ce sera super occupé : on va être sur la route jusqu’à la veille de Noël et, après une pause, on recommence en février, mais on ne sait pas encore où, tout dépend si le disque marche bien et si les gens veulent toujours venir nous voir ! On effectue une tournée en Europe pour le moment, puis on va retourner aux USA et refaire une nouvelle tournée en Europe en tête d’affiche également, en novembre et décembre : on fera de nouvelles dates en France, comme Marseille et Lyon.

-Après quinze ans d’activité pour Opeth, depuis ‘Orchid’ et au delà du succès de ‘Blackwater Park’ et des albums qui ont suivi, comment juges tu la carrière du groupe et quels sont vos ambitions pour le future?

-Per : Je pense, quand je parle aux autres gars d’Opeth et que j’écoute ce qu’ils disent à propos de leurs albums précédents, qu’ils en sont assez satisfaits. Je connais des groupes qui renient leurs premiers albums, mais ce n’est pas le cas avec eux, au contraire ils en sont très heureux. C’est toujours très difficile, rétrospectivement, de se rendre compte si tu as achevé tout ce que tu voulais accomplir, parce que, quand tu en es au beau milieu, c’est plus facile de te dire jusqu’où tu veux aller avec ce que tu fais. Je pense qu’ils ont réussi au sens où chaque album d’Opeth sonne un peu différemment des autres, ce qui est très important pour ce groupe là.

-Quelque chose à ajouter, peut être au niveau de Spiritual Beggars?

-Per : Malheureusement, il n’y a pas grand chose à dire à leur sujet en ce moment, si ce n’est qu’on a sorti un album cet été en Europe et qu’on n’a vraiment pas de temps du tout pour tourner parce que tout le monde est très occupé. J’espère, qu’à un moment où à un autre, on pourra tourner brièvement en Europe. La dernière fois que nous avons joué ici, à Paris, c’était un super concert. C’est un show organise par le magazine ‘Hard and heavy’, je crois, et le concert était fantastique. Je trouve génial que le concert de ce soir ait été complet si vite, et ça vaut vraiment le coup pour nous de revenir en décembre. Je remercie tous les fans qui viennent nous voir, achètent nos disques et nous soutiennent depuis si longtemps.

 

-Ne serais ce pas une bonne idée que de faire tourner ensemble Beggars et Opeth?

-Per : Ils ont tourné en Angleterre ensemble il y a deux ou trois ans, mais c’est surtout question d’emploi du temps. Jusqu’à présent, c’est vraiment impossible.

Propos recueillis à Paris le 13 septembre 2OO5.

Merci à Laure et Alexandra, de Roadrunner records.

 

 

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