L’année dernière, on pouvait découvrir en exclusivité sur la B.O du film Freddy / Jason un prémice de ‘The end of heartache, le nouvel album de Killswitch Engage Lp, mais aussi le nouveau chanteur du groupe, Howard Jones, (non, pas le British poppy des eighties !) ainsi que le nouveau batteur, Justin Foley, tous deux débauchés de Blood has been shed. Aujourd’hui, le groupe est plus que prêt dans l’engagement, au niveau mondial, pour délivrer une tuerie musicale, double décharge scénique et discographique. Adam Dutkiewicz, en plus d’un type extra, guitariste de Killswitch et producteur talentueux, pour son groupe et bien d’autres, engage la conversation.
 

 

 

-Depuis votre second Lp, un tas de changement est survenu à l’intérieur du groupe, vous avez beaucoup tourné, la Ozzfest entre autres, mais Jess vous a quitté à cause d’un problème de gorge lors de la tournée…
-A : Nous ne sommes plus le même groupe ! Il y a eu un certain nombre de raisons, mais ce fut la principale. Il s’est gravement fait mal à la gorge et ne pouvait plus hurler soir après soir. Nous aurions du annuler la tournée, annuler des concerts, et il aurait fallut beaucoup de boulot pour qu’il puisse rester dans le groupe, et ça ne marchait pas du tout. Il a fait ce qu’il fallait en s’en allant, et nous avons eu la visite de huit grands hommes sombres qui ont apportés un petit blanc à la place ! Et ça a fonctionné parfaitement!

-J’ai vu qu’il faisait des backing vocals sur le nouvel album : sa voix va donc mieux?

-A : Il ne l’a jamais vraiment perdue, mais il n’est plus capable de crier pendant plusieurs jours à la suite. Il a cessé de chanter pour un temps et est entré en réeducation. Maintenant, il recommence, il chante des trucs assez swings et il a dégoté un groupe qui tue.

-Et donc vous avez un nouveau chanteur, Howard Jones, du groupe Blood has been shed, mais est il un membre permanent aujourd’hui ?

-A : Absolument!

-Et Justin Foley, votre nouveau batteur, vient du même groupe également !your new drummer, is coming from the same band too !

-A : Oui, c’est rigolo : lentement, nous sommes en train de muter vers ce groupe ! C’est super bizarre! Blood has been engaged, C’est notre nouveau nom !

-Howard a écrit tous les textes de l’album, on peut donc penser qu’il a chaussé ses nouvelles bottes très rapidement?

-A : Oui, c’est ce qu’il a fait. Jesse écrivait tous les textes aussi.

-Tu es aussi producteur, une importante activité…are also producer :

-A : Oui, le fait d’être producteur signifie rendre les choses directes quand elles doivent l’être et plus nébuleuses ou plus étincelantes dans d’autres cas. Mais je ne pourrais jamais écrire de textes, parce que j’écrirais uniquement sur des bêtises comme manger des steaks et boire de la bière :c’est ce dont parleraient mes textes ! C’est tout ce qui m’intéresse! La nourriture et la bière !

-Et…la musique, par exemple ?

-A : Oui, peut être, un peu la musique ! Mais qui veut entendre une chanson qui parle de riffs ? ‘Ouaaaaais, ma guitare est si boooooooooonne !’ C’est pas vraiment terrible !

-Le fait que tu aies produit l’album était il un choix de ta part, ou n’as tu pas trouvé le producteur ?

-A : Non, c’était un vrai choix. J’adore totalement produire des disques, et c’est super que les autres membres du groupe me fassent assez confiance pour me laisser le faire. J’adore ça, c’est un job génial, qui me manque beaucoup quand je suis en tournée. Produire des disques est la chose la plus gratifiante que je puisse faire. .

-En ce moment, tu produis ce nouveau groupe anglais super, Johnny Truant ?

-A : Dès que je les ai entendu, j’ai pensé qu’ils faisaient quelque chose de très intéressant. Ils faisaient leur chose à eux, et c’est cool d’entendre d’entendre un groupe anglais faire ça de nos jours, parce qu’il y a là bas beaucoup de suiveurs et de copieurs. Ils font leur chose à eux ils ont trouvé quelque chose d’original, c’est cool. Je suis très excité, ca va être fun ! Je commence à bosser dessus le week end qui vient, et je ferai les mixes plus tard, en mai, ce qui devrait faire sortir l’album cet été..

-Howard have a-t-il un modèle, en tant que chanteur ? Jesse disait qu’il avait Mike Patton comme référence ?

-A : Howard adore absolument Mike Patton, et Faith No More était l’un de ses groupes favoris, comme nous d’ailleurs. J’entend beaucoup de Mike Patton dans le chant d’Howard. Howard et Jesse sont deux types très différents, et c’est dur pour moi de les comparer : Howard est plus brutal, plus aggressif, alors que Jesse était davantage émotionnel, mais tous deux sont très talentueux.

-Comment présenterais tu ce nouvel LP ?

-A : Ce nouveau disque renferme des éléments plus extrêmes : le côté agressif est plus agressif, la partie harmonique est plus mélodique et mélodieuse. Il est un poil plus court, et donc il va plus droit au but. On en traine plus les pieds, on a du pain sur la planche !

-Que penses tu de ce qu’on présente comme la New Wave of American Heavy Metal, avec des groupes comme Chimaira, Lamb of God, God forbid, proches de Pantera, Slayer et Maiden ?

-A : Pour être honnête avec toi, je m’en fous ! Le seul moment où j’écoute du metal, c’est quand je suis en tournée, en regardant les groupes avec qui on tourne, ou quand je travaille. J’ai tellement écouté de metal que je ne veux pas en entendre parler autrement que quand je travaille ! Mais je me sens proche d’eux, bien sur. J’ai grandi en écoutant ce style de musique, et c’est pourquoi j’aime aussi en jouer avec le groupe. Mais ma vie est comme ça à présent, je n’en écoute pas souvent, et quand je veux me reposer, je mets des choses plus soft, du rock’n’roll par exemple !

-Tu as dit que le second album de Killswitch était plutôt plein de pensées positives : celui-ci poursuit-il le même ordre d’idées, déjà d’après son titre, ‘The end of heartache’?

-A : Oui, mais d’une façon différente : je pense qu’on aborde les choses d’une façon plus indirecte, les textes peuvent être interprétés d’un tas de façons différentes, pris dans un tas de sens, mais la plupart des messages restent les mêmes. Le style d’Howard est en fait assez similaire mais très différent en même temps, car Jesse n’aurait jamais écrit certaines chansons de cet album. Mais on peut trouver beaucoup de choses positives sur ce disque.

-Andy Sneap a également mixé cet album ?

-A : On le connaissait, et il n’y a pas tant de gens que ça à qui je ferais confiance autant que je le fais pour Andy, qui fait un super boulot. Etant ingénieur du son et producteur moi même, je suis un vrai maniaque du contrôle et c’est dur pour moi de faire confiance à quiconque d’autre. Andy est le seul ici bas avec qui je me sente en confiance pour bosser. On s’entend super bien pour tout. Lorsque j’étais là bas, en Angleterre, j’ai essayé de manger la nourriture la plus forte, la plus épicée que j’ai pu trouver, de la nourriture Indienne, vraiment très hot. On en a demandé dans un restaurant et on a essayé d’en manger le plus possible. Je me suis réveillé le lendemain dans d’atroces douleur ! Mais c’était fun ! J’étais sûr de n’avoir plus d’estomac, mais j’ai trente ans, je suis sur que je n’en aurai plus un jour : pourquoi aurais je besoin d’un estomac, d’ailleurs ?

Composer, jouer, produire : tant d’activités est un vrai besoin chez toi ?

A : Oui, c’est très cool, parce que si je suis coincé sur quelque chose, je ne ferais rien d’autre. Quand je suis en tournée, tout ce que je veux c’est être à la maison, à bosser sur des disques. C’est un chouette truc et j’ai pas mal de choses que je peux mettre en balance. Tu peux perdre la boule en ne faisant qu’une seule et unique chose tout le temps. A la fin, tu t’emmerdes en le faisant. Ne prend jamais rien pour acquis !

-Mike D. a dessiné la pochette : une autre marque de l’investissement personnel du groupe ?

-A : Oui, et c’est très drôle de constater la continuité qui se développe au sein du groupe : tout ce que nous faisons, nous en avons le contrôle, et c’est très cool.

-Peux tu citer quatre disques ayant changé ta vie life ?

-A : Sans hésiter Carcass, ‘Heart works’ : ce disque est absolument merveilleux. Je connais Mike Ammott, c’est un type super. Quand je l’ai rencontré, je lui ai dit : ‘Wow, tu es Mike Ammott et il m’a dit : ‘Non, tais toi’ ! Je me suis dit qu’il avait tous les droits d’être un trou du cul, vu qu’il était dans un des plus grand groupes de metal du monde, c’est mon opinion. Aujourd’hui, il est dans Arch Enemy, qui est aussi un grand groupe. ‘Masters of puppets’, de Metallica, et Radiohead : ‘Ok computer’ est phénomènal. Ca a réellement changé ma vie, la façon dont je percevais la musique. Et le nouveau disque de Sigur Ros, si atmosphérique, qui va dans tant de directions, qui monte et qui descend, c’est si beau, si dynamique.

-Si tu n’étais pas dans Killswitch, quel style musical pratiquerais tu ?

-A : Du rock’n’roll, quelque chose qui hurle ! Je suis un gars très rock’n’roll, la plupart de mes CD chez moi en sont pleins :j’aime les anciens trucs et les nouveaux. Mais la dernière chose venue d’Angleterre que j’ai écouté est The Darkness : ils sont fantastiques ! (Il imite la voix haut perchée du chanteur) C’est très fun de les écouter !

-Le premier morceau de cet album,‘When darkness falls’, a été d’abord entendu sur la B.O de ‘Freddy/Jason’ : d’autres projets dans ce sens ?

A : C’est drôle que tu parles de ça : en fait, j’avais commençé à en étudier au collège, je voulais écrire de la musique de film, quelque chose que j’ai toujours adoré, tout comme j’adore écrire des instrumentaux et des choses atmosphériques, de l’ambiant. Au lieu de ça, je suis entré dans la production, ce qui est très fun aussi ! Mais je pense qu’un jour, si j’en reviens à écrire de la musique comme Sigur Ros et ce genre de choses très atmosphériques et parfois dramatiques, j’aurais beaucoup de plaisir à faire ça.

-Si toi même ou ton groupe était un film ?

-A : ‘Pirates des Caraïbes ! Je veux être un pirate, chercher des trésors enfouis !

-A propos du nom du groupes, j’ai entendu dire qu’il venait à la fois d’un épisode d’X files et de Star Trek ?

-A : Non, pas Star Trek ! C’est vraiment X files ! Je suis fou des films de ‘Star Wars’et de ‘Lord of the rings’, ceux là sont terribles, mais pas aussi fou que ceux qui viennent, sapés comme Luke Skywalker pour regarder les films ! Je laisse mon costume de Chewy à la maison! Je ne sais pas si je pourrais composer pour des films comme ça, je le ferais plutôt pour des choses plus sombres, plus dures!

-Que penses tu de l’ Internet ?

-A : J’en pense beaucoup de bien, parce que tu peux y mettre ta musique à la portée de tas de gens qui n’y aurait jamais accès autrement. C’est un grand outil, et chacun peut entendre n’importe quel groupe et aller voir sur son site. J’y vais pour les E-mails et l’information, c’est tout, parce que je n’ai pas le temps de surfer. Mais ca marche super bien parce que l’E-mail est quelque chose de super, si tu veux envoyer quelques lignes à quelqu’un, pour rester en contact, c’est très facile, au lieu de bavasser au téléphone. C’est très pratique, et le plus fort de l’histoire, c’est qu’on peut atteindre quelqu’un en une minute à l’autre bout du monde, ce qui est plutôt cool !

-Et les prochains projets de Killswitch?

-A : Après ça, on va tourner au Japon, puis aux Etats Unis avec In Flames, ensuite une tournée européenne et retour à la maison pour une autre tournée américaine. Nous ne savons pas encore. Venez nous voir quand on viendra…ou on se vengera ! ! !

Propos recueillis à Paris, le 19 mars 2004.

Merci à Carine et Eric.

 

 

 

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