JJ72, le trio Irlandais revient

Alors comment vous sentez vous au moment d’aborder ces journées de promo en France ?
Fergall Matthew (Batterie) : On est plutôt excité à l’idée d’être de retour en France, nous qui n’étions pas venus depuis un bon bout de temps.

Vous allez donner un concert ici ?
Hilary Wood (basse) : Oui.
Mark Greaney (chant/guitare) : le 18 novembre nous faisons la première partie de Suède.

Au Bataclan ?
Bataclan, c’est ça.

Vous aviez joué au Trabendo n’est-ce pas et vous aviez alors dit que vous espériez pouvoir revenir jouer au Zénith qui se trouve à coté, la prochaine fois ? Pensez-vous que ce deuxième album sera celui qui vous permettra de réaliser ce rêve ?
Mark Greaney : Nous espérons qu’il le sera. Eventuellement. J’espère qu nous pourrons jouer dans cette grande salle ou Muse, entre autres, à joué.

Vous avez passé la majeur partie de l’année passée ensemble en tournée. Comment était l’ambiance ? Etait-ce dur de vivre tous ensembles ?
Fergall Matthew : Cela dépendait de notre humeur chaque jour. A la fin du premier album, on était vraiment fatiguer de jouer toujours les même chansons chaque soirs, en plus Mark en avait écrites de nouvelles et ils fallait les essayer donc l’ambiance était un peu lourde car nous faisions toujours les mêmes choses donc oui cela a affecté en quelque sorte nos relations. Mais ce nouvel album fait de nous un groupe nouveau.

Mais vous étiez déjà amis avant de jouer ensembles ?
Hillary Woods : Oui, oui.

Quels souvenirs avez vous gardé des concerts avec U2, Coldplay…
Mark Greaney : U2, euh… Beaucoup de monde… Beaucoup de monde, voilà ce que je me souviens… Spécialement quand on à joué avec eux à Dublin, devant 85 000 personnes. Je veux dire la distance entre le devant de la scène et les gens, c’est la longueur des salles dans lesquelles ont joue habituellement…(rires). Ouais, jouer avec U2 a été bon. Cela nous a permis d’apprendre beaucoup. Leur passion sur l’aspect pratique et technique de ce qu’ils font, tout ce qui se passe derrière la scène, leur passion brûle toujours et cela t’inspire forcément à continuer dans cette voie.

Comment a réagi le public à vos chansons ?
Mark Greaney : Vraiment bien, en réalité. Je pense que quand tu joue dans un stade comme cela, les fans de U2 qui viennent au concert n’achètent que quelques disques chaque année et ça aurait pu être difficile pour nous mais en fait, à la fin de chaque show que nous faisions, les gens avaient l’air d’avoir apprécié et étaient plutôt heureux. Peut-être ont-ils achetés notre disque après ?

Ecoutiez vous U2 quand vous étiez jeunes ?
Hillary Wood : Oui, oui, c’était un groupe vraiment énorme. Le fait d’avoir pu jouer avec eux à été un rêve.

Quels autres groupes écoutiez-vous pendant cette jeunesse dorée à Dublin ?
Hillary Wood : Mon dieu…Nirvana, plein de groupes…

Lorsque votre premier album est sorti, on vous a souvent comparé à Muse et Placebo. Pensez-vous obtenir une certaine reconnaissance de votre travail et votre propre identité avec ce second album ?
Mark Greaney : Oui, je le pense. Cet album est vraiment différent du premier. La plupart des gens pourrons dire : c’est un album de JJ72. Je pense qu’on est plus proche de la dramaturgie de Muse dans notre musique, mais c’est vraiment c’en est une vraiment différente quand on prend le temps de l’écouter.

De quels groupe vous sentez-vous réellement proches ?
Mark : Muse et Placebo nous conviennent parfaitement.
Hillary Wood : Mon Dieu, je n’avais jamais entendu parlé de ces groupes avant de jouer dans JJ72, mais oui, j’aime bien ces groupes.

Pourtant dans le second album il y a plus de chansons ou ta voix ressemble à celle de Brian Molko.
Mark Greaney : Vraiment ?

Oui
Hillary Wood : mais je ne pense pas que Mark n’ait qu’un seul ton dans sa voix. Il peut chanter très bien, mais il peut le faire de plusieurs façons…Il chante juste très haut, c’est tout.

C’est le cas sur juste deux où trois chansons
Mark Graney : Je ne sais pas, ça vient juste comme ça .

Peut-être est-ce parce que vous êtes trois comme Muse et Placebo.
Mark Greaney : Quand nous avons formé le groupe, Fergall à voulu rejoindre le groupe car il voulait voler mon blouson, il l’a volé d’ailleurs. C’est comme ça qu’il a rejoint le groupe. J’ai dit je chante et c’est comme ça que tout à commencé. Pour être honnête, je n’avais jamais entendu Placebo avant. Mais ce qu’ils font est vraiment très bien. Placebo et Muse sont des grands groupes.

Vous dites ça pour qu’ils vous prennent avec eux en tournée ?
Mark Greaney : (rires) Oui, oui, mais on a fait quelques salles avec Muse en France. « La Cigale », il y a plus d’un an et demi…On a tourné en Europe avec eux, c’était vraiment cool. Il y a une filiation dans nos musiques. Nous aimons le côté dramatique, théâtral de nos chansons.

Tu parles de théâtre, te prends-tu pour un acteur quand tu joues sur scène ?
Mark Greaney : (il réfléchit un instant) Euh, des fois. Ça dépend des chansons. Certaines dans cet album comme la dernière de l’album… Cette chanson, je ne peut pas la jouer d’une autre façon qu’en jouant la comédie pour être honnête. Mais ce n’est pas vraiment de la comédie puisqu’elle vient de façon vraiment naturelle. C’est trois minutes de « Blang » tu vois…

Vous verriez-vous écrire pour une musique de film ?
Mark et Fergall : Oui.
Mark : J’adorerais. C’est quelque chose auquel je pense. Je continue de penser que cet album a été écri pour un film. Il pourrait vraiment être la bande originale d’un film français en fait.

Pour quel réalisateur ?
Mark Greaney : Je ne sais pas, j’ai juste besoin de savoir que le film sera un succès (rires).
Fergall Matthew : Pour les frères Cohen, j’ai adoré « The Big Lebowski ».

Et vous avez bossé avec Alan Moulder, qui a déjà travaillé avec U2 et Smashing Pumpkins. Comment s’est passée la rencontre ?
Mark Greaney : C’est Flood, notre producteur, qui à produit des gens comme U2, Smashing Pumpkins, P.J. Harvey, qui nous l’a présenté à Dublin lors d’un show avant que notre album ne sorte et il a vraiment aimé. Ça fait un bail qu’on le connaît maintenant.

Vous vivez toujours à Dublin ?
Fergall et Mark : Oui.
Hillary : (songeuse, comme pendant tout l’interview) Pardon ?
Mark : Vivons-nous toujours à Dublin ?
Hillary : Oui.
Fergall : Vraiment ? (rires)

Le deuxième album et a mon sens plus énervé que le premier, pourquoi ?
Mark Greaney : Oui, vraiment, de tous points de vue. Je pense qu’on a été le chercher plus profond et qu’on y a mis plus d’effet. Il reflète plus l’âme du groupe, à proprement parler. Pour le premier, nous l’avons réalisé de manière plus fraîche, nous sommes arrivés en studio, on l’a enregistré et « bang », c’était dans la boîte. Cette fois rien n’a été enregistré pour être un single. Tout a été enregistré pour être une partie de cet album.

Peut-être était-ce aussi parce que vous aviez plus d’argent pour le faire, après le succès du premier ?
Mark (naïvement) : Non, on en n’a pas eu plus (rires). Non, non (rires collectifs). Euh, bon point ! Non, on n’avait pas de contrat quand on a fait le premier album donc on n’a pas eu de gens qui nous ont dit « tout les groupes enregistrent en quatre semaines, et ça coûte toujours tant » et nous « OK ! ». Pour celui-ci on a prit notre temps, on s’est pas pressé. C’est tout !

Combien de temps avez vous pris pour le faire ?
On a commencé en Mars et on a du prendre trois semaines pour enregistrer et la même chose pour le mixer, un mois et demi tout compris. Avec Flood à la production, qui a produit « The Infinite Sadness & Melloncollie » de Smashing Pumpkins, un double album qui a pris un an et demi ou quelque chose comme ça, donc oui, on est plutôt un putain de groupe bon marché (rires).

Vous aviez déjà une idée de ce que vous vouliez en entrant en studio ?
Mark Greaney : On a su immédiatement, grâce à Flood, qu’on voulait que le disque soit intense, avec une certaine touche sombre mais pas du genre « je me déteste et je veux mourir ». On voulait un disque complet, complexe, qu’il faudrait plusieurs écoutes pour le comprendre. C’est le genre de disque que Flood à produit auparavant avec les Depeche Mode, les Pumpkins, etc… Mais certaine chanson comme I Saw A Prayer qui font (il se met à imiter une voix de fille) avec ces chœurs de nanas, on ne savait vraiment pas qu’on allait utiliser ce genre de trucs. Je ne sais vraiment pas ce que je dis ! Je suis en train de raconter des conneries (rires).

Mais de quoi cet album parle réellement ?
Mark : Bon, il n’y a rien de nouveau, c’est sûr. On ne parle pas de courant philosophique qui n’avaient jamais été abordés avant. Fondamentalement, c’est un album d’espoir, qui doit t’inspirer espoir, un album de renaissance. C’est ce dont parle cet album.

Tu y a mis beaucoup d’inspiration religieuse.
Mark Greaney : Yeah ! Quand je dis espoir, je veux en fait dire la foi. L’album est une sorte de preuve pour ma foi. C’est religieux autant que j’espère qu’il y ait un dieu (les deux autres se marrent). Oh, fuck !

Fergall et Hillary, pourquoi ne participez-vous pas à l’écriture des chansons.
Fergall Matthew : Tout simplement parce que nous n’en sommes pas capable ! (rires)En fait je n’ai jamais vraiment essayé. Mais c’est la façon dont un groupe bosse, tu sais.
Hillary : La pluspart des groupes fonctionnent comme ça.
Mark : Ce qui va se passer, c’est que dans un an et demi on va fonder un groupe qui s’appellera « Colors », et tout le monde écrira des chansons. On fera de la musique un peu ridicule, ça sonnera comme Joy Division. On aura tous les cheveux noirs. Ou comme Dépêche Mode devrait être et Fergall écrira toutes les paroles.
Fergall Matthew : Oui ! (Mark se fout de Fergall et chante des paroles neu-neu que celui-ci aurait pu écrire, puis reprenant son sérieux.) Désolé.

Comment les chansons viennent à vous ?
Mark Greaney : Je ne sais pas, je pense que quand tu écris une chanson, c’est beaucoup de ton enfance. Les bruits terribles que tu entendais quand tu étaient petits. Je préfère vomir le reste de ma vie que d’écouter un disque des Hives, des Strokes ou des White Stripes.

Tu n’aimes pas ces groupes ?
Mark Graney : Si, j’essaye d’être drôle et sarcastique. J’aime bien tous ces groupes, mais quand je voyais les Pet Shop Boys à la télé, certes ils avaient l’air ridicule mais c’est un incroyable monument de professionnalisme, ils sont si honnêtes, c’est de la poésie. Les paroles des Strokes ne touchent pas mon âme. J’aime la musique complexe.

Pensez vous que les paroles sont plus importantes que la musique ?
Mark Graney : La chanson « Thirty Three » sur Melloncolie des Smashing est un bon exemple. C’est une chanson incroyable. Aucun groupe n’a pu reproduire ça par la suite. Ne me fait pas dire ce que je ne veux pas dire. Je ne dis pas que tous les groupes sont à chier.

Parlons un peu des dernières chansons, quelle est la chanson d’I To The Sky que vous préférez ?
Hillary Wood : Jaime vraiment Serpent Sky.
Fergall Matthew : Always And Forever sonne vraiment comme une ballade irlandaise.
Mark Greaney : c’est une des chansons ou quand on a commencer l’album on la voyait plus dans l’esprit du premier album, acoustique avec un rythme cool et des voix. C’est une chanson très gospel, très religieuse, qu’on pourrait comparer avec Joshua Tree.

Vous sentez-vous près à produire votre propre album ?
Mark Greaney : Absolument.
Fergall Matthew : Oui, je pense qu’on sautera le pas sur le prochain.
Mark Greaney : On le fera pour Colors et pour le prochain JJ72.

Avez vous déjà commencé l’écriture du Prochain album ?
Mark Greaney : Oui, c’est étrange car je me demande souvent comment je vais pouvoir m’arrêter d’écrire. Dieu merci, quelques une sont bonnes, mais j’ai compris que ce dont j’étais vraiment capable était d’écrire de bonnes mélodies. Je n’en étais pas vraiment conscient pour le premier album. Mais maintenant je dois faire le deuxième album et capturer notre état d’esprit à l’age de 22 ans. Le prochain décrira notre humeur à l’age de 23 ou 24 ans.

Pensez vous qu’il sera si différent ?
Mark : Oui ! Il sera vraiment différent. Je ne sais pas encore pourquoi, mais il le sera parce que… Pour être honnête j’ai écris le premier album pour qu’il puisse passer à la radio. Maintenant, assis devant toi, j’en ai plus rien à foutre. Tu dois travailler pour toi même, si tu te mens, tu te mets à travailler pour les autres.

Et vous produiriez tous ensemble ou seulement Mark ?
Mark Greaney : Oui tous ensembles. Je pense que pour Colors on le fera tous ensembles même si on ne sait jamais avec qui on travaillera. Mais j’ai confiance en ce groupe. On fera le Zénith, on jouera de la pop music sombre et les gens nous écouteront… (rires)

Et si le monde se portait mieux, continueriez-vous à écrire des chansons sombres ?
Mark Greaney : Je vois tout comme une course de haie…

Dans quelle mesure votre vie a-t-elle changé depuis que JJ72 marche bien ?
Mark Greaney : Je suis là, je parle, je parle, et les gens doivent m’écouter (rires). Si je n’avais pas été dans ce groupe, je serais allé à la Fac. Si je n’avais pas fait partie de JJ72, ça aurait été si facile de dire « Tout va mal, il n’y a aucun espoir à rien. ». J’aurais été une misérable merde. La vie a changée parce que je me suis retrouvé dans ce groupe.

Est-ce vous espérez changer quelque chose avec votre musique ?
Mark Freaney : Non, je crois que la musique que nous faisons ne résoudra jamais aucun problème. Elle aidera juste à les supporter.

Et comment voyez vous votre future à présent, vous êtes encore jeunes ?
Fergall Matthew : Oui, c’est vrai.

Propos recueillis par François Berthier, collaborateur de Grandrock, journaliste et photographe pour Rock Mag. Cette interview est parue dans ce magazine et est retranscrite en version intégrale. Retrouvez, chaque mois, ses meilleurs entretiens en version non censurée…

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