Bien qu’ils ne semblent pas le penser eux mêmes, In Flames, avec leur nouvel album ‘Reroute to reamains’, produit par Daniel Bergstrand, a sauté d’un coup d’un seul un énorme pas en avant sur la route de l’extrême popularité : d’abord remarqué, ensuite apprécié, le groupe aujourd’hui s’aventure nettement sur les marches de la consécration, ce qui ne les trouble guère, mais qui n’en est pas moins un fait indiscutable, à savoir qu’In Flames est à ce jour l’un des groupes les plus importants de la scène metal extrême du nord, aux côtés de leur pairs Dark tranquility, Soilwork, Children of Bodom, Hypocrisy, Arch Enemy, Messhugah et consorts. Nous trouvons cela très bien et nous ne sommes pas les seuls. Rencontre parisienne avec un Anders fatigué mais plein d’ énergie, grand chanteur d’un grand groupe. Feu à volonté ! 

 

-Votre nouvel album, superbe à notre point de vue, ‘Reroute to remains’, vient de sortir : partagez vous l’opinion générale disant qu’il représente pour In Flames un énorme pas en avant ?
-A : Si ça a surpris autant de gens, ça nous a surpris nous même de l’entendre, car nous vivons avec tout le temps et les autres, les auditeurs, ne sont pas partie prenante de cet écart entre ‘Clayman’ et celui çi : ces morceaux ont muri avec nous, ils nous appartiennent et ne sont pas si incroyables qu’ils nous étonnent nous. Nous pensions, tout en l’espérant, que nous faisions un super album, but des gens ont dit que c’était si nouveau, si différent : pourquoi ? Rien ne frappe mon oreille. Bon d’accord, certaines choses ont changé, il y a plus de chant clair, la production globale est plus puissante, plus claire aussi, mais c’est dur pour moi de dire autre chose !

-Cest votre première collaboration avec Daniel Bergstrand, qui remplace ainsi Fredrik Nordstrom : pourquoi ce choix ? Pour faire couler un sang neuf ? Qu’apporte-t-il à In Flames ?

A : Eh bien, ça revient à verser un nouveau combustible dans la machine : nous avons enregistré tous nos albums à Gothenborg, alors nous voulions aller voir ailleurs, échapper aux distractions que sont les fans venant nous voir en studio, dans les bars, pour juste nous concentrer sur ce nouvel album. Daniel est un grand producteur, que nous avions déjà essayé d’avoir pour ‘Clayman’, mais ç ane s’était pas fait. Aujourd’hui, tout marche bien, et nous sommes très satisfaits de lui et du résultat final !

-Y a-t-il un thème central pour ‘Reroute to remains’ ?What have been the general inspiration for this LP ? Is it a central theme ?

A : Eh bien tout vient de ma propre tête : je ne peux pas laisser tomber tout ça, et ces ‘quatorze chansons de folie consciente’ signifient que je suis conscient de celle çi, et qu’autant que je puisse les contrôler, tout va bien. J’ai juste essayé de décrire ma propre folie, mes sentiments, mes pensées, aussi au niveau des textes tout vient de là. Mais, musicalement parlant, c’est très varié, nous sommes très ouverts, on écoute absolument de tout, je pense que ça s’entend quand on écoute l’album, mais c’est toujours du In Flames. On ne veut pas trop s’écarter des racines du groupe, tout en évitant de se répéter, de faire un autre ‘Colony’ ou autre…

-Après tant de changements de personnel dans le passé jusqu’à l’album ‘Colony’ en 99, In Flames est il un groupe stable aujourd’hui ?

A : Tout le monde nous demande ça, à la sortie de chaque album ! Je ne sais vraiment pas mais je l’espère car ca a tout l’air d’un line up stable et tout va bien, on prend du bon temps : on a tellement tourné ensemble à présent depuis que Peter nous a rejoint en 97 et que Daniel a joué pour la première fois avec nous au Dynamo en 98, tellement tourné que maintenant on bosse comme une famille mais on ne peut jamais savoir ce qui peut se passer sur cette longue route. Certains changent d’idée, d’autres perdent leur intérêt dans l’affaire ou fondent une famille…

-L’avenir le dira !

A : Exactement !

-Peut on considérer l’album live ‘Tokyo showdown’ comm eune sorte de bilan pour la carrière du groupe?

A : Oui, on a en quelque sorte tiré un trait de cette façon, en disant : ‘Voilà ce que nous avons fait jusqu’ici and maintenant on va se hisser jusqu’au prochain palier ou quoique ce soit d’autre. C’est une sélection, par un ‘Greatest hits’ parce que quelques morceaux manquent bien qu’on les ait enregistrées pour cet album : mais, pour des raisons inconnues, certains morceaux commencent au milieu, des choses comme ça. ‘Artefact’ devrait être là, ainsi que deux ou trois autres, mais ca n’a pas pu se faire. C’est donc un genre de greatest hits. Un bilan, comme tu l’as dit.

-En tous cas, à l’écoute tant de cet album que de vos disques en studio, on se rend compte du formidable potentiel d’In flames sur scène : comment fonctionne ‘Reroute to remains’ en version live ?

A : Je trouve que ca marche super bien, mais ca ira encore mieux lors de la prochaine tournée, parce que les gens connaitrons mieux les morceaux alors que maintenant, naturellement, ils chantent les morceaux plus anciens ; ils se seront habitués. Nénamoins, je dirais que ça marche déjà super fort : nous avons joué six nouveaux morceaux lors de notre tournée avec Slayer, six morceaux de ce disque, et ça va de mieux en mieux bien sur. ( à ce moment, Anders aperçoit mon édition limitée de l’album, qu’il n’a pas. Malheureusement…)

-Vous avez tourné l’année dernière avec Slipknot, puis avec Slayer et Soulfly : comment étais ce et quel regard jettes tu sur eux, à l’exception de Slipknot, quand on considère qu’ In Flames est en perpétuelle évolution et que ces groupes refusent d’évoluer, préférant coller au style qui les a rendus célèbres?

A : Je pense que s’ils changeaient quelque chose à ce qu’ils font, les gens seraient plutôt emmerdés ! Je dirais qu’ils font partie des quelques rares groupes qui peuvent faire, ce que je ne dis pas qu’ils font, le même album perpétuellement, mais ils se limitent à leur propre style. Nous ne voulons pas être ce genre de groupe et reproduire le même album : nous voulons évoluer, toucher plus de gens, juste parce que nous voulons être satisfaits lorsque nous écrivons de la musique : vous voulons explorer et expérimenter, découvrir de nouveaux territoires. Mais à part ça, nous n’avons aucun problème pour tourner avec Slayer, ce fut une énorme expérience et une grosse surprise, parce que nous avions entendu toutes ces rumeurs à propos de groupes se faisant jeter par les fans en première partie de Slayer tout le temps, mais nous n’avons eu aucun problème. De plus, ce genre de tournée nous aide à conquérir un nouveau public, plus étendu, surtout aux USA. J’ai grandi avec Slayer, que j’aime…mais c’est un groupe, et il en existe des centaines !

-Penses tu que ce qu’on appelle communément la ‘Gothenborg scene’ depuis presque dix ans maintenant est en évolution, croissant régulièrement avec le succès d’In Flames et de vos amis de Soilwork, Dark Tranquility, Hypocrisy and co ?

A : Je n’en sais rien, parce que je vis au milieu constamment ! Il faut dire aussi que cette ‘Gothenburg scene’ est une invention des journalistes qui passent leur temps à coller des étiquettes partout. Nous gagnons toujours de nouveaux fans, qui ont donc été touchés par cette histoire de scène de Gothenburg, ce qui les encourage aussi à écouter de nouveaux groupes, ce qui est une bonne chose : je pense que la scène évolue constamment, même si pour nous ce n’est plus aussi excitant que lors de nos débuts, avec Dark tranquility, quand on a commençé vers 89 : tout marchait bien, il y avait plein de concerts autour de Gothenburg et on avait des potes dans d’autres groupes, on s’échangeait des démos et les gens descendaient de Stockholm et venaient aussi du sud de la Suède ; c’était une scène très vivante. Aujourd’hui, je ne suis plus tant que ça à Gothenburg et, quand je suis à la maison, je préfère être au lit, si tu vois ce que je veux dire ! ( oui, assez bien ! nldr), aussi je n’ai pas vraiment suivi l’évolution de la scène à ce point là, ce qui ne m’empêche pas de voir des groupes de çi de là.

-Tu as acheté ton propre studio, ‘Phat planet’ : In Flames y enregistrera-t-il ? Produiras tu des groupes toi même?

-A : J’adorerais produire, ce que j’ai d’ailleurs déjà commençé à faire, mais pas In Flames, en tous cas pour un album qui sortirait dans le commerce, parce que c’est trop émotionnel pour moi : ca voudrait dire faire partie du groupe et ensuite travailler sur les bandes, être en porte à faux avec le groupe parce que je devrai prendre des décisions de producteur : je préfère laisser ça à quelqu’un d’autre !

-C’est un peu ce qui est arrivé à Pete Tagtren avec son studio : trop de boulot, plus le temps de faire autre chose, ni même et surtout de faire de la musique…

A : Je peux parfaitement comprendre ça.

-Quelles sont tes racines musicales ? Qu’écoutes tu aujourd’hui ?

A : Le meilleur album que j’ai acheté récemment est le ‘Queens of the stone age’, mais j’écoute de tout. De même, mes groupes favoris, comme Tool, Depêche Mode, Alice In Chains, Queensryche, Massive Attack, Portishead, des groupes comme ça aussi, dans tous les genres possibles.

-Es tu un fanatique de l’Internet ?

A : J’aime ça, oui, mais je n’ai que rarement l’occasion de m’asseoir devant un ordinateur : quand je suis à la maison, je passe mon temps avec ma copine, parce que sinon elle se plaindrait à juste titre que je suis là mais pas avec elle ! Mais quelquefois, j’y arrive !

-Le website du groupe est il un outil de travail important ?

A : J’ai des sentiments mitigés à propos de ça : c’est important pour nous de toucher de nouveaux fans, mais maintenant on a ce forum de discussion sur le site où les gens parlent de notre musique, et on dirait qu’ils sont tout le temps en train de s’en plaindre, de nous dire de faire çi ou ça, et qu’on est comme çi ou comme cà si on dit ou fait ou chante ce qu’on fait : c’est plutôt une forme de non construction. Mais sinon, c’est un outil d’information important pour le groupe : on y annonce les disques, les tournées, etc : je pense que c’est nécessaire aujourd ‘hui.

-Il n’existe pas beaucoup de videos d’In Flames…

-A : C’est très simple : on ne peut pas se le permettre.

-Et demain ? Il parait que vous allez tourner en Amérique du sud ?

A : On était supposés aller en Amérique du sud juste après cette tournée, mais Rush joue en ce moment là bas, c’est la première fois pour eux, et alors les promoteurs nous ont dit que ça ne servait à rien pour nous d’aller là bas maintenant parce que les gens ne peuvent se permettre de n’acheter qu’un seul ticket et, comme on est supposés faire plusieurs concerts, peu de spectateurs viendraient. Aussi, ils ont tout repoussé à mars ou autour de là, et nous allons en Corée et au Japon en décembre. Du coup, on va avoir un mois, jusque là, pour aller à la maison et se reposer, aller un peu en studio et redevenir pour un temps des gens normaux !

-Votre prochain album pourrait il être influençé par tous les voyages que vous effectuez autour du monde ou êtes vous malgré tout très attachés à votre propre identité et vos sources d’inspirations ?

A : Oui et non : naturellement, nous n’allons pas nous éloigner de nos racines, mais on est aussi influençés par tous ces différents pays, surtout au niveau des textes, par les gens que je rencontre, à qui je parle, les choses qui comptent.

-Comment vois tu l’avenir d’In Flames ? Brûlant?

A : On procède par étapes : j’essaie de ne pas voir aussi loin, mais comme nous avons un programme de tournées, il faut bien se projeter plusieurs mois en avance. J’espère que l’on va pouvoir continuer à faire des disques qui inspirent d’autres gens et qui nous satisfassent nous mêmes : nous voulons faire des disques intéressants, on aime être sur la route, rencontrer des gens et jouer sur scène. Le jour où nous ferons un album pas aussi bon que le précédent, alors il n’y aura peut être plus d’évidence à continuer !

(propos recueillis à Paris, le 14 octobre 2002, par JPC)

 

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