EPICA : Keepers of the flame

Tout comme Angela Gossow débarquant au sein d’Arch Enemy, Simone Simons a procuré à Epica l’étincelle lui permettant de s’enflammer. Tout comme Nile, mais un autre registre, le groupe hollandais se délecte à nous plonger dans les civilisations anciennes, les cultes disparus, les idoles d’un autre âge, les dieux éliminés par d’autres que nous connaissons aujourd’hui. Au lieu de mourir idiots, vivons intelligemment. Actu chargée en 2OO5 avec les sorties de ‘Consign to Oblivion’ et plus récemment ‘The Score’, flamboyante musique du film ‘Joyride’. Rencontre sur canapé avec Simone, phare lumineux de l’océan sombre…

 
 
-Votre dernier album, mis à part ‘The Score’: ‘Consign to Oblivion’, est en partie inspire par l’ancienne philosophie Maya : quels sont, à ton avis, les points les plus intéressants de cette culture ?

-Simone : L’album possède quatre morceaux bases sur cette culture Maya. Mark a écrit ces morceaux, parce qu’il lisait quelque chose là dessus : il a reçu en cadeau de sa mère un livre sur la culture Maya, et ça l’a énormément inspiré. On était en vacances en France, du côté de

Grenoble, et Mark avait amené ce livre avec lui. Il m’a dit alors qu’il allait écrire des textes traitant de ce sujet. Il trouve ça super intéressant, cette sagesse qu’ils possédaient. Mais ce n’est que partiellement un concept album : on voulait avoir quelque chose de special pour la pochette et le livret, et on s’est servi de l’imagerie Maya, qui est très originale. Beaucoup de gens pensent, à cause de ça, que c’est un concept album, mais il n’y a que quatre morceaux parlant de ça. J’ai écrit les autres ! Quelque chose que je trouve très importante dans la culture Maya est leurs prédictions à propos de l’année 2O12, qui marque la fin du cinquième cycle de la Lune et qui verra de grands changements, les gens acquerront une nouvelle conscience. A propos de ça, nous perdons cette idée de vivre avec la nature, on n’est plus du tout en harmonie avec elle. On assiste à un tas de catastrophes naturelles en ce moment, des tremblements de terre, des cyclones et même des crashs d’avions en série : tout ça est autant de signes de la part de la Terre qu’on se plante, qu’on lui fait du mal. En ce moment, pour une aussi courte période, tout à l’air d’exploser, et les avions se plantent aussi. Je pense que c’est un signal d’alarme de la nature. J’essaie pour ma part de vivre aussi bien que possible avec elle, par exemple en ne jetant pas d’ordures n’importe où mais dans les poubelles. C’est en gros ce que Mark pense aussi de la philosophie Maya mais aussi de toutes ces choses à propos des étoiles et des galaxies : il a lu tous les livres là-dessus, et je n’en sais pas autant que lui, mais quand on est allé au Mexique en tournée, en décembre dernier, malheureusement j’ai fini à l’hôpital pour une infection, mais j’ai pu me rendre compte que ce qu’était leur art, Mexico est proche des Mayas, et l’art mexicain est très beau…du moins, ce que j’ai été capable d’en voir !

-En parlant d’art, la pochette et le livret son très beaux et très documentés : cette forme d’art total est il important pour toi ?

-Simone : Cet aspect est plutôt mon job, et j’ai travaillé conjointement avec un designer. Je pense qu’aujourd’hui, avec toute cette piraterie, c’est très important de présenter un CD d’une chouette façon. La musique doit être bonne, bien sûr, mais la première chose que tu vois, si tu ne connais pas le groupe, c’est la pochette. Ou alors il faut que l’on t’en parle en bien, disant que tu devrais l’acheter. C’est quasiment un petit livre que l’on a ici (En parlant du livret de

‘Consign to Oblivion’ ) avec des informations sur le groupe, une bio, des photos, c’est quelque chose à collectionner. Tu veux l’avoir parce que c’est spécial. Je l’aime beaucoup et, quand je regarde un CD, c’est quelque chose à quoi je fais toujours attention. Je pense que, pour les gens qui aiment la musique, et aujourd’hui tu peux télécharger de la musique d’une qualité très correcte, tu aimes avoir le CD, le mettre dans l’appareil en regardant la pochette. J’ai téléchargé un peu de musique dans le passé, généralement un seul morceau, mais maintenant que je suis une chanteuse, si j’aime, j’achète l’album entier. Aujourd’hui, j’ai davantage de sous, et donc je peux aller dans un magasin et en acheter plusieurs. J’achète toujours, je ne copie plus du tout.
-Sur cet album, on retrouve un véritable orchestre classique et une vraie chorale : n’est ce pas frustrant de ne pas les avoir sur scène ? Aucun projet en vue dans cette direction?

-Simone : Nous n’avons jamais eu d’orchestre pour un concert d’Epica, sauf pour des fêtes privées, comme pour les parents de Yves, une grande fête qui a duré presque quatre jours, et où nous avions un vrai orchestre. Quand on fait une chanson acoustique, comme ‘Feint’ par exemple, on se sert d’un channel player, mais on a tout notre orchestre sur disque dur, et il joue pendant que l’on joue aussi. On n’a donc pas trente personnes sur scène, mais juste une petite…bande!
-Vous avez tourné cette année et tu as participé à l’album de Kamelot LP (Black Halo), tandis que Roy Khan apparaît aussi sur votre album…

-Simone : Oui, et on va de nouveau tourner avec eux au Brésil et en Belgique, et je pense qu’ils vont encore me demander de chanter sur un morceau. Mais, comme ils sont le groupe principal et qu’on ne joue pas ‘Les trois vierges’ sur scène, on ne le fera donc pas avec Roy. On va faire quatre concerts la semaine prochaine en Hollande avec le groupe mexicain avec lequel on a tourné là bas. Ils ont un bon chanteur et je lui ai demandé de ‘Les trois vierges’ sur scène avec moi.
-Parles moi un peu du projet Aina?

-Simone: Oh, c’est il y a deux ans déjà, je crois. On m’a demandé d’y chanter quelque chose, mais c’était à la fin de l’enregistrement, le dernier morceau, ce qui est cool aussi, mais je n’y ai aucun texte, seulement des ‘lalalalala’, quelque chose dans ce genre ! Ce n’est pas vraiment spécial, mais au moins j’y ai contribué. Tout était écrit, et alors le chef de projet du disque m’a demandé de chanter quelque chose dessus. Mais, s’il y a un jour un Aina 2, j’y aurais probablement un meilleur rôle !
-Cette fois, tu as écrit la moitié des textes qui composent l’album : je suppose que cela marque une évolution importante pour toi, au niveau personnel et artistique : as tu l’intention de persévérer dans cette voix ?

Simone : Oui : pour un nouvel album, j’ai déjà écrit des textes, pratiquement treize, pratiquement tous terminés! Mais, pour le premier, je n’avais écrit que trois morceaux : ‘Adyta’, le morceau d’intro, ‘Alusive consensus’ et un bonus track, mais je ne possédais pas cette expérience de l’écriture d’un texte. Mark, avec After Forever, en avait une grande, et donc il a pris en charge la majorité des lyrics. Pour ce nouvel album, nous avons beaucoup voyagé, je me suis retrouvé deux fois à l’hôpital, et du coup je me retrouve plus mûre, plus sensé et plus expérimentée, et j’ai assez de sujets d’écriture en réserve, ce qui m’a permis d’écrire autant. C’est aussi une façon d’apprendre à écrire des lyrics, parce que je dois me plier à la ligne mélodique, aux voix, et parfois je dois donc tout réécrire. Je suis très intéressée par la langue anglaise, et je consulte des dictionnaires à longueur de journée !

-Cette année, Epica a sorti un premier DVD : avez vous l’intention d’en sortit un autre, avec par exemple un concert live?

-Simone : Il y a déjà un petit DVD avec ‘Consign to Oblivion’, mais c’est surtout un documentaire, avec quelques parties en live. On a enregistré des concerts européens et Mexicains, mais ils doivent être quelque part, et on ne sait pas du tout quand on les utilisera, c’est quelque chose dont le label devra s’occuper. Si on peut, on va en enregistrer d’autres et s’en servir dans le futur, mais on a rien de prévu pour l’instant.
-La vidéo pour ‘Feint’ est très belle : allez vous en tourner d’autres pour cet album? J’ai lu qu’il y en aurait quatre : ‘Solitary ground’, ‘Feint’, ‘Phantom agony’…

-Simone : Oui : ‘Number Twenty’, notre nouveau single. On jouera aussi le morceau ce soir.
-Quels groupes t’ont donné l’envie de faire partie d’un groupe à ton tour?

-Simone : Nightwish, Rammstein, Lacuna Coil, Tiamat, Within Temptation, mais aussi Sting, Bjork, Heather Nova. Il y a aussi un nouveau groupe espagnol, Agony Ark : on va tourner avec eux en Espagne. Ils ont un bon chanteur et sont très cool. J’aime aussi Tristania et Dimmu Borgir. Mais j’en oublie toujours quelques uns.
-Et un autre groupe Hollandais, The Gathering?

-Simone : J’aime bien les premiers Gathering, ‘Mandelian’ et ‘Night time birds’, plus que ce qu’ils font maintenant, qui est plus ‘space’, plus proche de la trance music, plus faite pour s’éclater et devenir stoned. Mais ils enregistrent un nouvel album en ce moment, et on m’a dit qu’il serait assez heavy, je suis donc curieuse d’entendre ça. Hanneke a eu un bébé, c’est une maman à présent et je suppose que ça a changé quelque chose au niveau de sa voix : quand tu as un enfant, les hormones changent et ta voix aussi. C’est une bonne chanteuse, je dois le dire : elle chante toujours d’une voix très claire, très pure, pour moi elle représente l’innocence ! C’est une belle voix à écouter, immédiatement reconnaissable, mais elle ne possède pas cette puissance que j’aime tant.
-Avais tu ou as tu encore des modèles, au point de vue du chant ?

-Simone : En ce the moment, pas vraiment, mais la raison pour laquelle j’ai débuté fut bien sûr Nightwish : j’ai eu leur CD par un ami, j’avais seize ans et j’écoutais déjà du rock et du metal. J’adore la combinaison des beaux chants féminins classiques avec ce que l’on pourrait nommer ‘Happy metal’, ce que faisait Nightwish à leurs débuts. A propos de chanteuses d’opéra, j’adore Montserrat Caballé, surtout dans l’opéra ‘Aida’. Beaucoup de gens m’ont déjà dit, en m’entendant chanter, qu’ils pensaient que j’étais une grosse chanteuse d’opéra ! C’est une femme forte, mais elle peut chanter comme un oiseau, vraiment très haut et très doucement, et ça touche vraiment mon âme. Ce sont mes principales inspirations pour mes parties vocales. Et j’ai un bon professeur de chant !
-Aimerais tu enregistrer un disque uniquement de chant classique, comme le projette Tarja de Nightwish?

-Simone : Ce serait super, mais je suis très occupée avec Epica pour le moment. Je prends toujours des cours de chant classique, ainsi que pour le rock et même les chansons pop. J’ai déjà chanté dans une chorale, mais c’était juste pour trois mois, une sorte de projet parallèle, on a fait deux concerts et ça a été fini. On a étudié un morceau de musique, mais ça n’a pas duré très longtemps. Mais à long terme, cinq ans, mettons, ce serait super bien. Je prendrai

toujours des cours de chant classique et d’opéra, j’étudie ça en ce moment (Simone me montre son carnet de partitions, l’ouvre à la page du‘Stabat Mater’). Je n’ai aucun temps libre à la maison, donc, quand on voyage, je me fais mes propres cours classiques particuliers!
-Peux tu citer quelques uns de tes albums favoris?

-Simone : Voyons : Rammstein : ‘Reise, reise’ et ‘Mutter’, j’écoute ça à peu près tous les jours ; Nightwish : ‘Ocean born’. ‘Black Halo’de Kamelot. Sinon, ma liste est sur le site, et les gens n’ont qu’à y aller voir!
-A propos de films, parle moi un peu de cette B.O pour ‘Joyride’: en jouerez vous des extraits ce soir?

-Simone : Non, pas celui là : pour l’instant, c’est juste conçu pour que les gens l’écoutent dans leur salon, ou alors on va le faire jouer avant que l’on entre en scène. A l’origine, la moitié des morceaux a été écrit pour la musique d’un film Hollandais, ‘Joyride’, mais attendu qu’ Epica possède une grosse influence de musiques de films, notre label a pensé que ce serait une bonne idée que d’enregistrer un CD entier. Jusqu’ici, il a beaucoup de succès, on en a déjà vendu un tas, on n’aurait jamais espéré autant. C’est Epica sans les guitares, sans vocaux ou presque, sans batterie, juste des parties orchestrales, trois morceaux exceptés.
-Avez vous d’autres projets de musiques de films?

-Simone : Pour l’instant, non, mais si quelqu’un a une proposition, je ne pense pas que l’on refuse, si c’est un bon film. Mark et Yves écrivent un tas de trucs, et on pourrait s’en servir pour un nouvel album d’Epica, mais on pourrait aussi s’en servir plus tard, pour un autre film ou si on doit enregistrer une autre bande originale sur CD.
-Qui sont des compositeurs favoris, question musique de films?

-Simone : Hans Zimmer pour Mark. Mais pour moi, avant tout, c’est Danny Elfman, et j’adore aussi Tim Burton aussi. Je n’en peux plus d’attendre son nouveau film, ‘Corpse Bride’!
-Il sort ici dans dix jours!

-Simone : Oui? Aargh! Mais je pense qu’il sortira aussi en Hollande au même moment. J’en ai déjà des photos sur mon écran, et, quand j’écris au site web, j’écoute la bande originale. J’adore ce genre de films!
-Quels sont les prochains projets d’ Epica.?

-Simone : Un nouvel album l’année prochaine. Mais, bien avant, nous allons tourner au Brésil en décembre, puis en Argentine et au Chili, et ensuite une autre tournée européenne : Hollande, Belgique, France, Portugal, Espagne, Suisse, Italie…on va être très occupés ! On peut voir toutes les dates sur notre site. On ne risque pas de s’ennuyer! J’espère que les gens qui vont visiter notre site web aimeront notre musique, et on leur donne rendez vous à nos concerts!

Propos recueillis le 9 octobre 2OO5 à Paris.

Merci à Jeroen Brom pour son aide précieuse et à Simone pour être si charmante.

‘The score’ est disponible sur Transmission Records.

 

Visitez le site Web d’Epica : www.epica.nl

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