Plus de dix ans d’existence, un 7ème album qui est sorti cette année, des prestations scéniques légendaires
et une réputation qui a finit par faire d’eux une institution du métal.
On ne peut plus ignorer cette simple vérité: Dark Tranquillity ne fait plus partie de ce lot de groupes de death metal suédois du début des années 1990, qui s’aventuraient sur le terrain de la mélodie parce qu’à l’époque c’était original. Pourquoi, me direz-vous? Je vous donnerais une raison, et une seule : aujourd’hui, ces groupes ont presque tous disparu, il ne reste plus que Dark Tranquillity ! Et en plus d’accomplir l’exploit de survivre aux temps et aux modes, ils sont arrivés à faire oublier les fondateurs de cette scène dite « de Gothenburg » (At The Gates) et les dérives trop commerciales de ceux qui ont suivi (je pense surtout à In Flames ou Soilwork).
Bref, Dark Tranquillity est peut-être un des groupes les plus constants du métal moderne, et à chaque nouvel album on ne se dit pas « Est-ce que ça sera aussi bien qu’avant? » mais plutôt « Qu’ont-ils inventé de nouveau cette fois-ci ». Il n’y a pas beaucoup de groupes de métal capable de cela.
Character est sans aucun doute l’aboutissement de cette longue carrière. Dark Tranquillity opte ici pour un retour vers des guitares plus violentes et rapides accompagnés de rythmiques saccadées et brutales, comme dans à la bonne vieille époque de l’explosion de la scène de Gothenburg. Mais ils ne courent jamais le risque de répéter ce qu’ils ont fait auparavant car tout au long de Character on découvre des nouvelles facettes du groupe.
Dès les premières secondes de « The New Build », un grand sourire apparaît sur notre visage : une attaque frontale des deux guitaristes Martin Henricksson et Niklas Sundin rappellent immédiatement les meilleurs moments de
The Gallery (1995) ou The Mind’s I (1997), les vieux albums du groupe.
Dark Tranquillity affirme d’entrée qu’ils n’ont rien perdu de leur extraordinaire capacité à écrire des chansons de métal intéressantes. La voix gutturale de Mikael Stanne y est pour beaucoup, le chanteur étant aussi à l’aise sur des tempos rapides que sur des longs râles. Sur ‘Out Of Nothing’ ou ‘Dry Run’, les envolées brutales et épiques alternent assez justement avec des passages plus calmes, sous la direction magistrale du claviériste Martin Brändström. ‘Through Smudged Lenses’ est une des meilleures pistes de l’album, un mélange parfait de riffs Gothencore anciens et de claviers atmosphériques, et « Mind Matters » nous oblige presque à slammer en geulant son refrain tout en mimant le riff old-school qui revient sans cesse.
Du coté de la production, rien à redire. Le son de guitare est absolument brutal, la voix est bel et bien là sans être omniprésente et aucun instrument n’est oublié.
Il est important de rappeler que la hantise de Dark Tranquillity, depuis ses débuts, a été de se répéter d’un album à l’autre. C’est une peur compréhensible pour des musiciens qui se respectent. Mais chez ces suédois perfectionnistes, on sent que l’évolution du son est étroitement liée à la survie du groupe. Quelquefois, ces évolutions semblaient forcées, notamment le virage électronique entamé sur Haven (2000). Aujourd’hui, elles sont assimilées et les suédois ont appris à ne pas en abuser juste pour rajouter un élément nouveau à leur musique.
Même si en soit c’étaient des albums solides, on peut considérer que Haven et Damage Done (2002) n’étaient que des brouillons sur lesquels ils avaient travaillé pour arriver à ce Character qui en laissera plus d’un bouche bée.
Dark Tranquillity nous rend ici une copie presque parfaite.

Tracklist :

01. The New Build
02. Through Smudged Lenses
03. Out of Nothing
04. The Endless Feed
05. Lost to Apathy
06. Mind Matters
07. One Thought
08. Dry Run
09. Am I 1?
10. Senses Tied
11. My Negation

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